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Trois oursons observés dans les Pyrénées-Atlantiques : une première année semée d'embûches

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Une ourse et son ourson dans l'Espace animalier de Borce, en vallée d'Aspe, dans les Pyrénées-Atlantiques
Une ourse et son ourson dans l'Espace animalier de Borce, en vallée d'Aspe, dans les Pyrénées-Atlantiques
© AFP - Laurent Ferriere / Hans Lucas

C'est une première depuis 2004 : des oursons sont nés dans les Pyrénées Atlantiques. Des caméras ont capté la présence de trois oursons la semaine dernière. Ils s'agit des petits de Sorita, une ourse slovène lâchée en 2018 dans le Béarn. Mais la population d'ours reste trop faible pour être viable.

Première portée depuis 2004 dans les Pyrénées Atlantiques, première portée de trois ours depuis les années 70... L'annonce, la semaine dernière, d'une vidéo – qui n'a pas été diffusée pour le moment – prouvant la naissance des trois oursons a été accueillie, par les associations favorables à la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées, comme une bonne nouvelle très symbolique. Le nombre de spécimens de l'espèce est en constante augmentation depuis 20 ans, les ours étant passé de 10 en 2000 à 64 l'année dernière. 

Aujourd'hui, la population pyrénéenne de l'animal est surtout rassemblée dans le centre de la chaîne montagneuse. À l'ouest, dans les Pyrénées Atlantiques, où l'ours a toujours été présent, ils n'étaient plus que cinq : deux femelles venues de Slovénie, relâchées en 2018, et trois mâles. Sorita, la femelle qui a donné naissance aux trois oursons, avait bien déjà eu une portée de deux oursons en 2019, mais ceux-ci avaient été tués par l'un des mâles. 

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"La différence cette fois-ci, c'est que Sorita s'est accouplée avec un ours pyrénéen", explique Gérard Caussimont, responsable de la Fiep, une association de protection de l'ours et du pastoralisme. "En 2018, ce n'était pas le cas, c'était un ours slovène. Or, les mâles dominants essayent de n'assurer que leur descendance en éliminant les oursons des femelles avec lesquelles ils ne se sont pas accouplés. Cette fois-ci, nous avons bon espoir que Sorita se soit accouplée avec les trois mâles de la région." 

Une population qui n'est pas encore viable

Le milieu naturel est également un risque pour ces oursons. À la naissance, au cœur de l'hiver, ils ne pèsent que 300 grammes, dix fois moins qu'un bébé humain. Aujourd'hui, les associations estiment qu'ils doivent peser entre 5 et 6 kilos. "Pour traverser un torrent, pour franchir une barre rocheuse, ils peuvent risquer leur vie et y rester", ajoute Gérard Caussimont. "Attendons qu'ils survivent à leur première année et à ce moment là nous serons vraiment dans une situation de repopulation." Pour éviter de pousser les ours à ce genre de grand voyage, la Fiep a mis en ligne une série de recommandations

À cette mortalité naturelle possible s'ajoute la main de l'homme : trois ours ont été tués par des hommes en 2020, un en France et deux en Espagne. Ces trois jeunes ours ne pourront pas remplacer ces pertes, selon les associations. 

"Il reste essentiel que ces individus, qui ont été tués, soient compensés par de nouveaux lâchers", explique Alain Reynes, président de l'associations Pays de l'ours - Adet. "La population n'est pas encore viable. On estime qu'il faut une cinquantaine d'individus reproducteurs avec une bonne diversité génétique pour qu'une population d'ours soit viable. Aujourd'hui nous n'avons ni l'un ni l'autre." 

Sur les 64 ours recensés en 2020, on estime qu'une quinzaine d'ours sont reproducteurs. Des animaux qui sont donc répartis en deux populations distinctes, l'une dans le centre des Pyrénées, l'autre dans l'ouest de la chaîne. 

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