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Trois questions à Matthias Maurer, astronaute allemand, qui remplace Thomas Pesquet

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Le 21 septembre 2021, lors d’une cérémonie à Berlin, l’astronaute allemand Matthias Maurer.
Le 21 septembre 2021, lors d’une cérémonie à Berlin, l’astronaute allemand Matthias Maurer.
© Radio France - Ludovic Piedtenu

Cette nuit, Matthias Maurer, astronaute allemand, a décollé du centre spatial Kennedy en Floride direction l'espace. Sur l'ISS, il va remplacer son collège et ami Thomas Pesquet. Voici comment il se prépare au vol et ce qui l'attend.

Après plusieurs reports, trois astronautes américains et un européen ont décollé vers l’ISS, la Station Spatiale Internationale, mercredi soir. Les astronautes de la Nasa, Raja Chari, Kayla Barron et Tom Marshburn, ainsi que l'astronaute de l'agence spatiale européenne (ESA) Matthias Maurer se sont envolés pour une mission de six mois en orbite. Ils doivent remplacer l'équipage qui vient de quitter l'ISS, dont faisait partie le Français Thomas Pesquet, rentré sur Terre dans la nuit de lundi à mardi.

FRANCE INTER : Que se passe-t-il pendant les dernières semaines qui précèdent un vol spatial ?

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Matthias Maurer : Il y a toujours une quarantaine de deux semaines avant le vol. Pas seulement à cause du coronavirus, mais parce qu’il y a aussi les autres pandémies, les autres virus. C’est seulement une précaution pour les astronautes. On passe une semaine à Houston au Texas au centre des astronautes américains, et la dernière semaine en Floride, sur le lieu du décollage. Jusqu’au dernier instant, on pratique essentiellement du sport parce qu’il faut être en forme pour voler dans l’espace.

Dimanche, vous allez prendre place dans la fusée, au même siège que votre ami et collègue, le Français Thomas Pesquet ?

Exactement, le siège numéro 4. Les 10 premières minutes sont extrêmement intenses. Le décompte commence... Puis pendant 9 minutes, on accélère à 28 000 km/h. C’est une vélocité énorme mais nécessaire. Si on volait ne serait-ce qu’à 25 000 km/h, ça ne suffirait pas pour s’arracher à la gravité terrestre et rester dans l’espace. On retomberait. C’est une loi physique qui dit qu’il faut atteindre plus ou moins 8 kilomètres par seconde pour quitter la Terre. Et après ces 9 minutes, le moteur s’arrête. Sans gravité, on flotte. Et le rêve commence. Les premières minutes, on vérifie les systèmes. Environ un quart d’heure après le décollage, on peut sortir de son siège. J’ai calculé qu’à la 23ème minute, je vais survoler la France et l’Allemagne. Mon plan c’est de regarder et de profiter de cette vue sur ma région natale, la Sarre, à la frontière avec la France, et Nancy où j’ai commencé mes études d’ingénieur.

Comment se passe la suite du vol jusqu’à l’arrivée à la Station Spatiale Internationale ?

L’ISS est en orbite à 400 kilomètres de la Terre. Si la Station passe vraiment au-dessus de nous au moment du décollage, on a des chances de l’atteindre en moins de 24 heures. On réalise l’essentiel du voyage en 9 minutes, on vole alors plus vite que la Station, puis on s’en rapproche doucement en augmentant la hauteur. On se lance à sa poursuite en quelque sorte, ça peut prendre du temps.