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Un an après l’enlèvement au Mali d’Olivier Dubois, sa famille publie une vidéo pour accroître la mobilisation

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Pour RSF, la vidéo du journaliste vivant diffusée en mars 2022 redonne de l'espoir
Pour RSF, la vidéo du journaliste vivant diffusée en mars 2022 redonne de l'espoir
© AFP - LUCAS BARIOULET

La famille du journaliste Olivier Dubois, dernier otage français dans le monde, appelle à continuer à se mobiliser pour sa libération, 12 mois après son enlèvement à Gao au Mali. 42 sociétés de journalistes, dont celle de France Inter interpellent directement le ou la futur(e) locataire de l'Elysée.

Les proches d'Olivier Dubois veulent "faire de ce triste jour du 8 avril, un jour d'espoir pour notre fils et frère". Il y a 1 an, le 8 avril 2021, le journaliste français était kidnappé à Gao au Mali, par un groupe djihadiste. Dans une vidéo diffusée ce jeudi à la veille du premier anniversaire de son enlèvement, sa famille appelle à continuer la mobilisation pour demander sa libération.

"Rejoignez la famille", peut-on lire sur cette vidéo, avant de voir défiler dans une vidéo les noms et visages des soutiens de l'otage : de nombreuses personnalités comme les journalistes Elise Lucet, Florence Aubenas et Samuel Etienne, les artistes Yvan Attal, IAM, Omar Sy ou encore les sportifs Wendy Renard et Sidney Govou. L'objectif est d'obtenir une grande mobilisation citoyenne, en diffusant massivement la pétition (qui dépasse les 82 000 signatures maintenant) et en exigeant la libération du dernier otage français dans le monde.

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Dernière preuve de vie le 13 mars

Cela fait maintenant 12 mois qu'Olivier Dubois est en captivité, aux mains d'un groupe terroriste proche d'Al-Qaïda dans le Sahel. Le journaliste indépendant de 47 ans, collaborateur de Libération et du Point, s'était installé en 2015 à Bamako, et couvrait la crise sécuritaire qui touche la région. C'est par une vidéo postée sur les réseaux sociaux le 5 mai 2021 qu'il annonce alors avoir été enlevé. Sa famille se mobilise et appelle, à l'aide d'une pétition, les gouvernements français et malien à se mobiliser. Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête.

S'ensuit une longue période de silence insoutenable pour sa famille, jusqu'au 13 mars 2022, quand une nouvelle preuve de vie en vidéo est diffusée. Olivier Dubois apparait à l'image, les traits tirés mais en bonne santé. Il s'adresse à ses proches, dont il assure recevoir les messages, mais aussi au gouvernement "de continuer à faire son possible pour oeuvrer à (s)a libération". "C'est un élément très positif qui redonne de l'espoir", expliquait à France Inter Christophe Deloire, le secrétaire général de l'ONG Reporters sans frontières.

Un canal de communication ouvert ?

Avec cette vidéo, écrit sa famille, il est évident que le journaliste "entend nos messages chaque mois sur RFI (…). Il semble désormais évident que ses ravisseurs entendent aussi la voix de nos pétitionnaires, le bruit que nous faisons ici en France et répondent ainsi à notre nouvelle demande de preuve de vie."

De là à penser qu'un canal est ouvert, il n'y a qu'un pas !"

Aujourd'hui, RFI, tout comme France 24 n'est plus diffusé jusqu'à nouvel ordre au Mali, sur décision de la junte au pouvoir le 17 mars dernier qui accuse les médias francophones d'avoir diffusé de fausses allégations contre l'armée. L'anniversaire de l'enlèvement d'Olivier Dubois tombe également au moment où le monde politique pense à l'élection présidentielle. En janvier, Emmanuel Macron assurait qu'" un travail inlassable" était mené "par nos équipes diplomatiques, nos militaires et les services compétents" pour obtenir sa libération. "Devrons-nous attendre et subir le tempo imposé par (le) ministre des Affaires étrangères ? ", s'interroge la famille.

Une priorité du mandat

Pour accompagner le message de la famille, 42 sociétés de journalistes, dont celles de France Inter et des autres antennes de Radio France, lancent à leur tour un appel, relayé par Libération, sous forme de lettre à destination du ou de la futur(e) locataire de l'Elysée. "Le kidnapping d'Olivier Dubois n'est pas seulement celui d'un citoyen français, il est aussi celui d’un journaliste. Le séquestrer, c’est aussi nous priver, collectivement, de la possibilité de comprendre un pays où la parole libre comme l’information vérifiée de manière indépendante sont aujourd’hui trop rares", écrivent les SDJ, qui demandent que la prochaine personne désignée pour diriger la France à l'issue de la présidentielle, fasse de la libération d'Olivier Dubois "une priorité de (son) mandat".

"Vous ne pouvez cependant ignorer le sort réservé au seul otage français dans le monde. (…) La détention d’Olivier Dubois n’est pas une fatalité : Madame, Monsieur, futur·e président·e de la République, vous pouvez et vous devez y mettre fin__."