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Un appel aux dons pour sauver les coraux français

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Des récifs coralliens au large de la Nouvelle-Calédonie
Des récifs coralliens au large de la Nouvelle-Calédonie
© AFP - PALA DALIK / Sandrine JOB

La moitié des récifs coralliens de la planète a déjà disparu, mais ce n’est pas une fatalité. La France est le 4e pays au monde pour ses coraux, après l’Indonésie ou l’Australie. Elle a donc un rôle à jouer pour la Fondation de la mer qui lance un appel à financement participatif. L’opération s’appelle "SOS Corail".

La France abrite 10% des récifs coralliens de la planète, grâce à ses territoires d’outre-mer. En Nouvelle-Calédonie, en Polynésie, ou à Wallis et Futuna, par exemple, ils se portent plutôt bien, mais les récifs de la Réunion, de Mayotte, ou des Antilles sont assez endommagés. Leur état est préoccupant et les causes sont multiples. Pascale Joannot, océanographe, spécialiste des coraux, est à la fois membre de la Fondation de la mer et ancienne directrice des expéditions du Muséum d’histoire naturelle à Paris. Elle détaille. "Il y a plusieurs dangers : ceux liés aux conditions naturelles comme les cyclones. Ceux liés à l’homme, les déchets, les eaux usées non traitées, les lisiers qui se jettent dans les récifs. Et il y a le réchauffement climatique : la température de l’eau monte à certaines périodes, cela stresse les récifs et les coraux et s’ils blanchissent petit à petit, ils meurent, et un autre milieu se développe."

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500 millions de personnes vivent grâce aux coraux

Or un quart des espèces marines dépend de la bonne santé de ces coraux. C’est considérable. Leur survie est donc indispensable pour la protection de la biodiversité, le tourisme, ou la pêche. "Un demi-milliard de personnes dépendent également de ces coraux", ajoute Pascale Joannot, "car ils leur fournissent 90% de leur apport en protéines". Ils mangent en effet du poisson qui vit grâce à ces récifs. 

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Le skipper du Vendée Globe Fabrice Amédéo a choisi de parrainer cette opération "SOS Corail" : "Il y a un chiffre très parlant", insiste-t-il, "un kilomètre carré de récifs contient autant d’espèces que l’ensemble du littoral métropolitain français; cela permet de se rendre compte de l’urgence de se mobiliser dans un contexte où ces récifs sont soumis aux activités humaines et au réchauffement".

En Méditerranée - comme ici près de La Ciotat - ou dans les territoires d’outre-mer, les mêmes précautions doivent être prises si on veut sauver le corail français
En Méditerranée - comme ici près de La Ciotat - ou dans les territoires d’outre-mer, les mêmes précautions doivent être prises si on veut sauver le corail français
© AFP - Boris Horvat

Des opérations de sauvetage variées

À court terme, "il faut notamment faire attention à ces coraux quand on plonge, détaille le marin, ou quand on navigue. Il ne faut pas ancrer son bateau dans les récifs, dans les herbiers, jeter ses déchets, ou ramasser des coquillages" ajoute-t-il. Mais les opérations de sauvetage financées par cette opération "SOS Corail" sont bien plus vastes : il s’agit de former la population, sensibiliser les professionnels du tourisme, les élus, ou développer des programmes de recherche sur les coraux. "Le risque vient en effet de la non prise de conscience des populations", ajoute Pascale Joannot. Pour la fondatrice de l'Ifrecor, l'initiative française pour les récifs coralliens, "il faut désormais se retrousser les manches, et agir, car ces récifs peuvent être préservés" ! Sur le site internet de l’opération de financement participatif, "SOS Corail", vous pouvez découvrir tous ces programmes.

Ces actions de protection ou de restauration de ces coraux peuvent fonctionner, mais cela prend du temps. "Un récif corallien endommagé a besoin de vingt à vingt-cinq ans pour retrouver un aspect normal", précise Pascale Joannot ! Et les chercheurs insistent : des myriades d’espèces sont encore à découvrir dans ces milieux paradisiaques.

À réécouter : Comptons les oiseaux !
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