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Un groupe de "sanglier·es radicalisé·es" vandalise un golf de l'Oise

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Les greens du golf du château de Monchy-Humières après le passage des Sanglier-es Radicalisé-es
Les greens du golf du château de Monchy-Humières après le passage des Sanglier-es Radicalisé-es
© Radio France - DR

Pelouses arrachées, panneaux tagués, dans la nuit du 2 au 3 septembre dernier, les greens du golf de Monchy-Humières ont été "sabotées" par un mystérieux collectif d'activistes du climat qui ont revendiqué leur action auprès de la presse locale.

Leur message de revendication a été adressé dans la nuit à la presse locale, via un mail anonyme que nous nous sommes procuré. Quelques lignes sibyllines dans lesquelles le collectif des "Sanglier·es radicalisé·es" déclare la guerre aux golfs car "ils s'accaparent notre terre, ne profitent qu'aux bourgeois et consomment beaucoup trop d'eau".

Les photos accompagnant le message montrent la terre retournée et quelques slogans aux accents anticapitalistes laissés sur place. Contacté par France Inter, un membre du collectif explique avoir voulu mener une action marquante contre les terrains de golf qui selon lui "ne devraient pas exister".

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Photo fournie par les Sanglier-es Radicalisé-es
Photo fournie par les Sanglier-es Radicalisé-es
© Radio France - DR

"Nous sommes en pleine sécheresse, il y a eu des restrictions d'eau imposées aux particuliers", indique t-il. "L'eau ne doit plus être gaspillée pour des usages réservés à une petite poignée d'élites. Nous invitons les amateurs de golf à jouer sur du sable ou sur de l'herbe sèche."

Àgé de 25 à 30 ans selon ses dires, l'homme assume cette nouvelle radicalité. Il milite depuis cinq ans dit-il et les "manifs, les banderoles, les tracts ne servent à rien. Plus l'urgence deviendra brûlante, plus les gens se radicaliseront, c'est inévitable."

Sept golfs dégradés depuis le milieu de l'été

De son côté, le propriétaire du golf de Monchy-Humières se désole de la situation. Un golf "où se croisent toutes les couches de la société" assure Philippe Lefebvre, qui a repris les lieux il y a sept ans et qu'il "porte à bout de bras". Cet été, seuls 1,5 ha des 50 ha du golf ont été arrosés et 90% de la surface a "grillé au soleil" abonde le propriétaire, qui emploie dix salariés.

La question de l'arrosage des golfs a fait la une des médias au cours de l'été, marqué par une sécheresse record. Début août, Eric Piolle, le maire écologique de Grenoble a regretté que cet arrosage des greens continue en pleine sécheresse. Au total, on a dénombré sept golfs vandalisés cet été, notamment près de Toulouse (Haute Garonne) et à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

Le président de la Fédération Française de golf Pascal Grizot se dit peiné face à ces actions "répréhensibles et lamentables" menées selon lui par des "groupuscules" très peu renseignés sur la législation et sur les efforts consentis par les terrains de golf durant la canicule : "Bien évidemment, quand les particuliers et les agriculteurs étaient rationnés, nous n'avons pas arrosé les golfs. C'est tout à fait normal. Cet été, 71 golfs [sur 740 en France, NDLR] n'ont pas du tout été arrosés [...] Si des golfs ne respectent pas les interdictions, la police de l'eau est là pour les verbaliser."

Pascal Grizot assure par ailleurs que le golf n'est plus aujourd'hui un "sport de riches". La FFG revendique 450.000 licenciés et 700.000 pratiquants : "S'ils étaient tous nantis, ça se saurait."