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Un journaliste d'Arte emprisonné en Iran, un appel pour le libérer lancé

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Une manifestation dans les rues de la capitale iranienne Téhéran, le 21 septembre 2022.
Une manifestation dans les rues de la capitale iranienne Téhéran, le 21 septembre 2022.
© Maxppp - STR/EFE/Newscom

Vahid Shamsoddinezhad, jeune journaliste vivant en France avec sa femme et son fils est parti en reportage en Iran pour couvrir les événements qui secouent le pays depuis la mort de Mahsa Amini. Il est incarcéré depuis un mois. Arte, l’un de ses employeurs, l’a rendu publique samedi.

Reyhaney Soleymani n’a pas pu parler directement à son mari Vahid Shamsoddinezhad depuis son arrestation. "Je n’ai pas entendu sa voix et je ne l’ai pas vu. C’est vraiment inquiétant pour moi, cela n’arrive jamais". Fraîchement diplômé de l’ESJ Lille (en août 2022), Vahid Shamsoddinezhad est parti en reportage le 23 septembre en Iran, mandaté par la société Keyi Productions et la rédaction de l’Information d’ARTE pour couvrir les événements qui secouent l’Iran depuis la mort de Mahsa Amini. Quelques jours plus tard, le 28 septembre, il est arrêté. Vahid Shamsoddinezhad est incarcéré depuis plus d’un mois a indiqué Arte dans un communiqué publié samedi.

Il laisse à Paris son épouse, Reyhaney Soleymani, doctorante en histoire à l’EHESS et leur fils de 17 mois, Ali. La jeune femme, que nous avons rencontrée, n’a de nouvelles de son mari qu’à travers les courts appels qu'il a le droit de passer à sa famille en Iran. "Il peut appeler une fois par semaine seulement une minute, explique-t-elle, il a pu appeler ma mère, son père et ses frères". "Il a juste dit qu’il allait bien et il a demandé des nouvelles d’Ali et moi, mais c’est tout. Malheureusement on ne sait rien d’autre."

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Aucune information sur le lieu et les conditions de détention

Les proches de Vahid Shamsoddinezhad n’ont aucune information sur le lieu et sur ses conditions de détention. Ils savent seulement qu’il est actuellement emprisonné à Téhéran, après avoir été arrêté dans le Kurdistan iranien puis incarcéré à Sanandaj, capitale de la province selon son épouse : "Il est allé à Saqqez pour interviewer la famille de Mahsa Amini, c’est là qu’il a été arrêté".

Pourtant Vahid Shamsoddinnezhad "a toujours travaillé en parfaite transparence vis-à-vis des autorités iraniennes", affirme Arte. Le 24 septembre 2022, il a déposé la lettre d’accréditation d’ARTE ainsi que les coordonnées de sa carte de presse française, auprès des autorités à Téhéran. Il a pu réaliser deux interviews téléphoniques et un sujet vidéo pour la rédaction d’ARTE Journal avant d’être arrêté.

"Il était là juste pour exercer son métier", se désole Reyhaney. Mais la jeune femme est forte et tient bon coûte que coûte. Depuis la publication du communiqué, elle a reçu "énormément de messages de soutien" de la part des amis de Vahid qui étudiaient avec lui à l’ESJ Lille, mais aussi de journalistes. Elle montre tous les jours des photos de Vahid à leur fils Ali "pour qu’il ne l’oublie pas".

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Les avocats ne peuvent pas intervenir

Reyhaney Soleymani espère que comme d’autres détenus emprisonnés depuis la mort de Mahsa Amini, son mari pourra être libéré sous caution. Mais pour le moment, son dossier n’a toujours pas été transmis à un tribunal, d’après Reyhaney : "Ses avocats ne peuvent donc pas intervenir".

Plus de 500 journalistes activistes iraniens ont signé dimanche un courageux communiqué afin de critiquer les autorités pour avoir "arrêté [leurs] confrères et les avoir privés de leurs droits de citoyenneté après leurs détentions". Ils demandent leur libération. "Ils n'ont pas eu accès à leurs avocats, ont été interrogés et accusés avant de tenir une audience publique". Selon le quotidien réformateur Sazandegi "plus de 20 journalistes sont toujours en détention".

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