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Un mois après le début des combats en Ukraine, l'armée de Poutine patine

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Des chars russes (avec le symbole Z dessus) à Marioupol, en Ukraine, le 23 mars.
Des chars russes (avec le symbole Z dessus) à Marioupol, en Ukraine, le 23 mars.
© Getty - SOPA Images

Il y a tout juste un mois, Vladimir Poutine ordonnait à ses troupes l'invasion de son voisin ukrainien. Depuis, les bombardements s'enchainent et les combats font rage dans le pays. L'armée et les civils ukrainiens résistent et l'armée russe semble en difficulté.

Il y a un mois, le 24 février, Vladimir Poutine lançait son armée à l'assaut de l'Ukraine. Bombardements des aéroports puis des villes ukrainiennes, invasion en colonnes d'assaut par l'Est, le Sud-est, le Nord et le Sud du pays : l'armée de la Fédération de Russie a jeté dans cette bataille plus de 130 000 hommes avec des résultats pour le moins mitigés.

Des troupes à l'arrêt

Quand on regarde la carte de l'Ukraine et qu'on y fait figurer les avancées des troupes russes, on est frappé par une évidence : celles-ci se retrouvent, un mois après le début de leur offensive à peu près aux mêmes points où elles se trouvaient il y a quinze jours. En clair : les troupes de Moscou sont presque partout bloquées, arrêtées.

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Bien sûr, on était en droit de s'attendre à une pause dans une offensive de cette taille. Une pause permettant aux forces à l'attaque de refaire leurs forces et de relancer dans la bataille des troupes fraiches, ou au moins correctement ravitaillées ;  ça n'a pas été le cas. Plombée par des impérities logistiques, par une planification hasardeuse et mal renseignée, l'armée russe ne semble plus en mesure d'avancer.

Les deux assauts lancés sur la capitale ukrainienne par exemple - objectif majeur s'il en est -  par le Nord Est, depuis la Russie et par le Nord-Ouest depuis la Biélorussie sont clairement arrêtés et les colonnes manifestement dans l'incapacité de rebondir : de conduire un assaut supplémentaire sans même parler de prendre la ville. L'heure semble plutôt au recul. Autour de Kharkiv, la deuxième ville du pays dans l'Est, à proximité immédiate de la frontière russe, les troupes de Moscou n'ont même pas réussi à coordonner un encerclement en règle de l'agglomération. Elles se contentent de bombarder la ville… à distance.

De lourdes pertes matérielles et humaines

La seule offensive qui a un tant soit peu été couronnée de succès, c'est celle lancée depuis la Crimée. Là, les Russes ont pu prendre des positions importantes : le canal permettant le ravitaillement de la Crimée en eau douce ; le port industriel de Kherson sur l'embouchure du Dniepr ; celui de Berdyansk sur la mer d'Azov. Elles encerclent et bombardent Marioupol (100 000 habitants) également sur la mer d'Azov, mais ne l'ont pas encore réduite. La résistance de Marioupol est d'ailleurs acharnée. Ce mercredi les forces russes reconnaissaient la mort au combat d'Aleksey Sharov, l'officier supérieur commandant l'assaut des troupes de marine sur Marioupol.

Il semble d'ailleurs que les pertes de l'armée russe soient… au moins très importantes, sinon catastrophiques. Dans n'importe quel conflit, bilans et chiffres donnés par les parties belligérantes sont par définition sujet à caution. Mais, si l'on s'en tient simplement au décompte des véhicules détruits ou perdus par les Russes et dont on dispose des photos dûment vérifiées : les chars, les blindés, avions, hélicoptères et autres matériels , on compte déjà près de 1 800 engins russes hors de combat, en un mois : c'est énorme. Quant aux "morts au combat" de l'armée russe ils se comptent eux clairement en milliers. L'évaluation la plus optimiste fait état d'au moins 3 000 morts soit, en un mois l'équivalent de ce que l'armée soviétique perdait en un an en Afghanistan dans les années 80.

Et le problème principal de cette armée russe, c'est qu'elle n'a pas actuellement les moyens de remplacer ces pertes, qu'il s'agisse des hommes ou du matériel. Vladimir Poutine n'a visiblement pas les moyens de ses ambitions en Ukraine. En clair, il a eu les yeux plus grands que le ventre.