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"Un véritable regain d'intérêt" : la cassette audio s'offre une nouvelle jeunesse

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Selena Gomez, Billie Eilish, The Weeknd, Justin Bieber ou encore Dua Lippa proposent déjà leurs albums en cassette.
Selena Gomez, Billie Eilish, The Weeknd, Justin Bieber ou encore Dua Lippa proposent déjà leurs albums en cassette.
© AFP - Jean-François Frey

Cet objet emblématique de la fin des années 1970 trouve un nouveau public, plus jeune, intrigué par l’objet vu dans des séries et films à succès. Un filon exploité la maison de disque Universal, qui réédite des compilations de chansons françaises.

Vous en avez peut-être dans vos vieux cartons, bien rangées au fond du grenier : des cassettes audio. Disparues depuis des années, supplantées par le CD, le MP3 et la musique en ligne, elle font leur retour dans les bacs. Universal Music propose depuis peu des compilations de grands noms de la chanson française : Alain Bashung, Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, Charles Aznavour, Michel Sardou ou encore Johnny Hallyday.

Prisée par les jeunes

Si la cassette ressuscite, elle peut dire merci à une célèbre série, Stranger Things, et un film, Les Gardiens de la Galaxie. L’un des personnages de l’univers Marvel apparaît régulièrement avec un Walkman, en train d’écouter une compilation sur cassette. "Il y a un mouvement qui est en train de s’opérer aux États-Unis. Les chiffres montent qu’il y a un réel regain d’intérêt", affirme Paul-François Thierry, responsable contenu chez Universal Music France. Il le reconnaît : "On ne s’y attendait pas, c’est un phénomène de niche."

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Les premiers intéressés par la cassette sont visiblement ceux qui ne l’ont pas connue : les jeunes d'une vingtaine d'années. "Il y a pleins d’éléments de la pop culture, qui font qu’un millénial ou une personne née dans les années 2000 va découvrir la cassette. Ça crée une forme d’intérêt", ajoute Paul-François Thierry.

Une démarche "purement mercantile"

Le regain (encore léger) de la cassette fait penser à celui du vinyle il y a une dizaine d’années. "Les gens ont besoin de quelque chose de physique", estime Jacques Pellet, disquaire à Paris, car la musique "ce n’est pas juste du son", clame t-il, "c’est aussi un packaging, un visuel, c’est indissociable." Le responsable contenu chez Universal Music France Paul-François Thierry souligne que "les supports plus anciens, analogiques, comportent quelques défauts, mais qui ont un certain charme. Le digital à un côté un peu froid, clinique du digital."

Mais l’intérêt de produire des cassettes est surtout mercantile, d’après Jacques Pellet. "La cassette représente un intérêt certain pour des labels indépendants, le temps de fabrication est très court. Pour les majors, à part gratter de l’argent, je ne vois pas". La cassette ne coûte pas cher à produire, "il y a un côté goodies, on achète comme on achète un poster", complète Paul-François Thierry d’Universal.

Un intérêt bien compris par les stars mondiales de la pop. Selena Gomez, Billie Eilish, The Weeknd, Justin Bieber ou encore Dua Lippa proposent déjà leurs albums en cassette. Reste, pour ceux qui s’intéressent à la cassette audio, à ressortir le vieux poste ou le Walkman des parents.