Une fusée européenne réutilisable comme Space X : "L'Europe ne part pas de zéro", pour le PDG d'ArianeGroup

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Une fusée européenne réutilisable comme Space X : "L'Europe ne part pas de zéro", pour le PDG d'ArianeGroup

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"Ariane 6, c'est la première page des futurs lanceurs européens", explique le PDG d'ArianeGroup
"Ariane 6, c'est la première page des futurs lanceurs européens", explique le PDG d'ArianeGroup
© AFP - Jody Amiet

L'Europe entend rattraper son retard sur les américains en matière de lanceurs de fusées réutilisables. Bruno Le Maire a détaillé ce lundi la stratégie spatiale de la France, avec l'arrivée d'un lanceur baptisé Maïa signé ArianeGroup d'ici 2026. C'est un "calendrier réaliste", assure son PDG, André-Hubert Roussel.

Elle sera baptisée Maïa. Cette fusée confectionnée par l'entreprise européenne ArianeGroup vise à "remettre un peu de compétition dans le monde de l'espace", comme l'a expliqué ce lundi le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Il s'agit de rattraper le retard en matière de lanceurs réutilisables par rapport aux américains, Space X avec leur lanceur Falcon 9, qui récupère et répare une partie de leurs fusées pour les renvoyer dans l'espace. C'est surtout un changement de cap pour l'Europe spatiale, qui avait jusqu'ici misé sur Ariane 6, le poids lourd de l'espace, dont le premier lancement est prévu au premier semestre 2022. Maïa doit être prête à décoller en 2026, mais le projet "ne part pas de zéro", explique à France Inter le PDG d'ArianeGroup, André-Hubert Roussel. Il reste encore à développer un deuxième étage, puis à assembler le tout. Le marché visé est celui des constellations, ces groupes de centaines, voire de milliers de satellites qui visent une couverture complète de la Terre, soit en imagerie, soit en télécommunications.  

FRANCE INTER : Bruno Le Maire vient d'annoncer un futur mini-lanceur réutilisable en Europe pour contrer Space X. Très concrètement, de quoi parle t-on exactement ?

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André-Hubert Roussel : "Le ministre a déjà conforté l'exploitation d'Ariane 6 pour les années qui viennent. Ariane 6, c'est la première page des futurs lanceurs européens. Au travers de ce mini-lanceur, nous souhaitons créer ce premier membre d'une famille de lanceurs européen réutilisables et éco-responsables qui serviront les besoins de l'accès souverain à l'espace de l'Europe dans les prochaines décennies. Alors, pourquoi commencer par un mini-lanceur ? Parce que c'est un lanceur réutilisable dédié pour lancer des micro et des mini-satellites. Évidemment, Ariane 6 est faite pour des gros satellites, également pour l'exploration spatiale, pour aller jusque sur la Lune, mais également pour lancer des grandes constellations qui peuvent être composées de mini-satellites, mais des dizaines sont lancés à la fois. Communément un micro-satellite, c'est un satellite jusqu'à environ 200 kilos. Et un mini-satellite jusqu'à 500 kilos. On parle de ce genre d'envoi dans l'espace."

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Est-ce que l'Europe part de zéro ?

"L'Europe ne part pas de zéro. Encore une fois, c'est le premier chapitre du renouvellement de notre flotte de transport spatial et d'accès autonome à l'espace avec Ariane 6. On a démarré également au même moment le développement de deux briques technologiques absolument essentielles. La première, c'est un nouveau moteur, le moteur qui s'appelle Prometheus, dont on va faire l'essai du premier exemplaire, l'année prochaine, en tout début d'année à Vernon. Et puis également, le démonstrateur d'étage réutilisable Thémis, qui permettra de revenir sur Terre pour pouvoir être réutilisé pour un lancement suivant. Ces deux développements sont en cours et donc on va capitaliser dessus. Ce seront les deux briques essentielles pour l'ensemble de la famille, à commencer par ce petit lanceur."

Le ministre a parlé de "retard" en matière de lanceurs réutilisables. Peut-on rattraper Space X ?

"Je ne crois pas qu'on ait loupé ce virage. On a démarré en 2012, donc il y a dix ans. Nous étions partis sur un type de lanceur qui ne préfigurait pas cette famille des lanceurs européens réutilisables. Heureusement, avec le lancement du programme Ariane 6, avec la création d'Ariane Group, l'Europe a d'ores et déjà pris le bon virage, avec un renforcement de la propulsion liquide sur sur Ariane 6. La propulsion liquide, c'est la base de la réutilisation. Donc, on a déjà entamé ce chemin à partir de 2014-2016 pour préparer les choses et aujourd'hui, nous accélérons. On va pouvoir, grâce à cette technologie que nous avons développée depuis maintenant pratiquement six ans, les mettre à bord d'un lanceur, les faire voler. Ce lanceur volera selon les souhaits du président de la République, en 2026 au plus tard. C'est un calendrier réaliste. Un jour, quand on aura grâce à ces technologies qu'on aura développées au travers de ce mini-lanceur, on pourra faire évoluer Ariane 6, mais peut-être faire aussi une nouvelle génération d'Ariane pour une future famille cohérente des lanceurs européens."

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