Une surmortalité constatée en juillet, "vraisemblablement" à cause de la canicule, selon l’Insee

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Une surmortalité constatée en juillet, "vraisemblablement" à cause de la canicule, selon l’Insee

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Des soignants accueillent un patient à l'hôpital de Perpignan, le 4 juillet 2022.
Des soignants accueillent un patient à l'hôpital de Perpignan, le 4 juillet 2022.
© AFP - Arnaud Le Vu

1.750 personnes sont mortes chaque jour lors du mois de juillet, d’après les premières données publiées par l’Insee. L’institut statistique estime qu’il y a probablement un lien avec les vagues de chaleur successives de cet été.

Les trois épisodes de canicule de cet été ont-ils provoqué des décès supplémentaires en France ? Les premières données de l’Insee donnent une indication. "Le nombre de décès moyen par jour est en forte hausse en juillet : il atteint (en moyenne) 1.750, après 1.610 en juin 2022",  note l’Institut de la statistique dans sa dernière mise à jour concernant le nombre quotidien de décès, repérée par Le Parisien. Cette augmentation du nombre de morts s’explique "vraisemblablement par la vague de chaleur survenue à la mi-juillet". Toutefois, ce premier bilan est bien loin de celui de la canicule de 2003.

Un premier pic de décès lors de la première canicule

Le premier pic de chaleur, inédit par sa précocité et son intensité, a eu lieu du 15 au 22 juin. Le second, du 12 au 25 juillet, et le troisième du 31 juillet jusqu’à la mi-août. Et les courbes semblent se juxtaposer.

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Un premier pic de décès apparaît le 18 juin (trait rouge sur le graphique), lors de la première vague de chaleur, avec 1.755 décès ce jour-là. Lors du mois de juin 2022, les décès sont supérieurs de 4% par rapport à juin 2019, quand le Covid-19 n’existait pas. Cet été-là fut néanmoins marqué par deux vagues de chaleur intense.

En juillet, le nombre de décès (pour toutes causes confondues) atteint un pic très net le 19 juillet, avec 2.098 morts recensés, au moment de la deuxième vague de chaleur. L’Insee remarque aussi un pic moins marqué quelques jours plus tôt, le 13 juillet. "Les décès totaux du mois de juillet 2022 sont supérieurs de 13 % à ceux de juillet 2019", souligne l'Insee.

Dans son commentaire, l’institut écrit : "Le niveau élevé des décès (…) en juillet 2022 s’explique vraisemblablement par la vague de chaleur survenue à la mi-juillet, après un premier épisode de canicule dès la mi-juin."

D’après les données provisoires de l’Insee, sur la période allant du 1er juillet au 22 août, le nombre de décès en 2022 est supérieur à celui de 2021 (+ 5,7 %) et largement plus élevé qu’en 2020 (+ 9,1 %) ou qu’en 2019 (+ 11,6 %)."

Au moins 20% de décès en plus dans une dizaine de départements

L’Insee propose également une analyse par région et par département de cette surmortalité estivale. "En juillet 2022, les décès sont supérieurs de plus de 15 % à ceux observés en juillet 2019 dans quatre régions, en Nouvelle-Aquitaine (+17 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (+18 %), Pays-de-la-Loire (+19 %) et Occitanie (+19 %)."

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, en Savoie, dans la Drôme, dans le Gard, dans la Manche, dans l’Oise ou encore en Vendée, il y a eu 20% de décès supplémentaires par rapport à juillet 2019. Ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, car le pays traversait en juillet dernier une nouvelle vague de Covid-19.

Un certain nombre de décès recensés sont dus à l’épidémie (voir graphique ci-dessous). Ces données du mois d’août sont encore incomplètes, "elles seront commentées lors de la mise à jour de fin septembre", note l’INSEE.