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Une vaccination en catimini pour les sportifs en vue des JO

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La vaccination a commencé pour 1 400 sportifs et sportives français qui feront peut-être partie de la délégation aux JO
La vaccination a commencé pour 1 400 sportifs et sportives français qui feront peut-être partie de la délégation aux JO
© AFP - GARO / Phanie

Alors que la vaccination, et son ouverture à un public plus large font toujours débat, les sportifs et leurs staffs qui se rendront aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo cet été peuvent déjà recevoir une première injection, sans conditions d'âge. La campagne a démarré lundi, plutôt discrètement.

1 400 personnes, pas une de plus. Voilà la dérogation obtenue pour la délégation française qui se rendra au Japon, selon une liste précise établie par le ministère des Sports après concertation des fédérations. Elle comprend les athlètes et leurs les staffs, ainsi que les cadres qui accompagneront les Bleus. Ce choix est assumé mais sans aucune publicité alors que les sportifs ne font pas partie des publics prioritaires. Il n'est d'ailleurs pas question de proposer cette vaccination à d'autres sportifs professionnels. 

Lors de la conférence de presse organisée le 14 avril dernier à l'occasion du J-100 des Jeux Olympiques, la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, convenait : "Nous sommes en cours de recueil des besoins et des demandes auprès des athlètes, de leurs staffs et des différentes fédérations." Elle précisait être "en discussion avec le ministère de la santé pour voir quels vaccins utiliser, où, quand et comment." Moins de deux semaines plus tard, le processus est enclenché. 

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"Ne pas communiquer dessus" (Un entraîneur à l'AFP)

L'argument décisif, c'est le calendrier. La fenêtre de tir est de plus en plus courte à moins de treize semaines des Jeux. Pour respecter les délais entre deux injections et éviter d'éventuels effets secondaires à quelques jours des épreuves, il a fallu aller vite, sans faire trop de bruit. "Ils nous ont dit de ne ne pas communiquer dessus", indique anonymement à l'AFP l'entraîneur d'une équipe de France alors que la vaccination n'est pas obligatoire à ce stade, mais fortement conseillé par le Comité International Olympique_._ 

Mais il y a un bémol : moins de la moitié des athlètes français sont pour l'instant qualifiés. Beaucoup le seront en juin et donc trop tard pour bénéficier du vaccin. C'est la raison de l'accélération de la campagne, comme c'est fait en Belgique ou en Australie. "Nous voulons que nos athlètes se rendent à Tokyo, y concourent et en reviennent en toute sécurité", a expliqué le ministre australien de la Santé Greg Hunt. Mais dans ce pays, ce traitement de faveur des sportifs a suscité une polémique.