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Urgences : la "mission flash" recommande une meilleure régulation des patients pour soulager les services

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Illustration - Plus d'une centaine de services d'urgence sont déjà contraints de limiter leur activité.
Illustration - Plus d'une centaine de services d'urgence sont déjà contraints de limiter leur activité.
© Maxppp - Rémy Perrin

Pour répondre à l’urgence des urgences, Emmanuel Macron avait commandé une "mission flash" le 31 mai dernier. Un mois plus tard, elle remet son rapport. France Inter s’est procuré ce document et vous en dévoile les mesures. Le maître-mot : régulation des admissions.

Comment sauver les services d'urgence ? Le 31 mai, le président de la République annonçait une "mission flash" pour améliorer l’accès aux soins urgents et non programmés. Le rapport de cette mission a été remis jeudi à la Première ministre et la ministre de la Santé alors que 120 services d’urgence en France sont déjà contraints de limiter leur activité cet été, faute de personnels. France Inter a pu consulter le rapport de la mission Braun qui comprend 41 recommandations. La mesure phare proposée est la mise en place d'une régulation plus poussée des admissions dès cet été,  soit avec un "triage paramédical à l'entrée" des urgences, soit par une "régulation médicale préalable systématique" par le standard téléphonique du Samu

"Présenter le SAMU-Centre 15 ou le Service d’accès aux soins comme la plateforme de régulation médicale à contacter pour tout problème de santé considéré par le patient ou son entourage comme devant faire l’objet d’un avis médical immédiat, est l’enjeu le plus important", est-il écrit dans le rapport. En contrepartie, il va falloir embaucher des assistants de régulation médicale, ce qu’on appelle des ARM. "A ce jour, 10% des postes d’ARM sont vacants", précise le rapport.

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Intégrer d'autres spécialités à cette régulation

Il est aussi préconisé d’intégrer d’autres professionnels de santé à cette régulation médicale comme des dentistes et des pédiatres ou encore, des sages-femmes. « Ces professionnels qui ont une connaissance accrue des filières de soins de leur spécialité doivent permettre d’organiser des prises en charges ambulatoires et des admissions directes sans passer par les urgences », estiment les auteurs de ce rapport.

L’autre recommandation importante de cette mission Braun, c’est de favoriser la télémédecine et son remboursement dans tous les départements où il manque des médecins. Elle explique que son "déploiement doit être immédiatement facilité tant en unités mobiles qu’en unités fixes, au sein de services d’urgence amenés à réduire leur activité".

Des urgences pourraient fermer la nuit

La mission menée par François Braun préconise également de faciliter l’activité des médecins retraités. "La voie du salariat est souvent privilégiée à ce titre pour des raisons de commodité, mais une mesure pour ouvrir le champ de l’exercice libéral des retraités de juillet à fin septembre apparaît nécessaire, comme cela a été fait pendant la crise sanitaire, en relevant le plafond des cotisations ", est-il écrit.

Le rapport suggère même de limiter par endroits l'accès aux seules "urgence vitales", en particulier la nuit, cette "suspension d'activité partielle" devant permettre de "mutualiser les moyens de plusieurs services sur un seul site". Les auteurs du rapport comptent sur une réorientation des patients en appelant le 15.

"Ce rapport va contribuer à casser l'hôpital public"

Cette fermeture des services d’urgence la nuit est une mauvaise idée et un mauvais signal pour l'hôpital public, estime Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France. "C’est très pernicieux parce que c’est vraiment la limitation de l’accès aux soins. Pour moi, c’est une faillite du service public. Ce rapport va contribuer à casser l’hôpital public en disant qu’on remplace l’hôpital public par un grand standard où les gens vont téléphoner, où les gens vont avoir de la téléconsultation, où ils ne verront plus de médecins mais des soignants qui auront des délégations de tâches. Et ils pensent que le monde sera formidable. Je pense que ce sera un monde avec encore plus d’exclusion, plus d’inégalités et surtout, en baisse radicale de la qualité des soins", explique-t-il à France Inter.