Publicité

Vaccination contre le Covid : cinq questions sur les doses de rappel que les Français boudent

Par
Le nouveau vaccin "bivalent" est encore très peu utilisé dans la population
Le nouveau vaccin "bivalent" est encore très peu utilisé dans la population
© AFP - CLEMENT MAHOUDEAU

Dimanche et lundi, le ministre de la Santé François Braun a appelé les Français et les Françaises à porter à nouveau le masque et à se vacciner, en raison de la reprise de l’épidémie de Covid "dans l’indifférence générale".

C’est un "appel solennel" qu’a transmis le ministre de la Santé François Braun ce dimanche et ce lundi, face à la reprise de l’épidémie de Covid, qui s’ajoute à celles de grippe et de bronchiolite. Reprenant les termes d’Elisabeth Borne qui a appelé au respect des gestes barrière, le ministre de la Santé a déclaré : "c’est totalement absurde, on a les moyens de se protéger et les Français ne se vaccinent pas".

"On est en Europe le pays qui remonte le plus, on a plus de 500 cas pour 100 000 habitants et par semaine : on est dans une phase de croissance épidémique, et à l’approche des fêtes de Noël, il est absolument indispensable d’arriver à la stopper le plus vite possible", a expliqué sur France Inter Philppe Amouyel, praticien au CHU de Lille.

Publicité

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Où en est-on des doses de rappel en France ?

Dimanche, François Braun a déclaré que le rythme de la vaccination s’était "un peu accéléré depuis une semaine" pour ce qui est des quatrièmes doses. Il avance des chiffres de 20% des plus de 80 ans et 35 à 40% des 60-80 ans, ajoutant que cela est "largement insuffisant".

Philppe Amouyel tire le même constat que le ministre de la Santé : "Aujourd’hui, les personnes qui ont reçu le nouveau vaccin, celui qui protège contre le variant Omicron, on en est à moins de 7% de gens qui devraient l’avoir qui l’ont". "Sur la 4e dose, le taux de vaccination est, chez les plus fragiles, aux alentours de 40%. Mais on est bien loin de nos voisins, d’autres pays comme l’Espagne ou l’Italie sont au double de nous", ajoute-t-il.

Qui peut recevoir sa dose de rappel ?

Depuis début octobre, la campagne de vaccination avec les doses "bivalentes", c’est-à-dire celles qui ciblent aussi bien la souche principale du Covid que le variant Omicron, a commencé, à destination avant tout des personnes de plus de 60 ans et des personnes immunodéprimées, ou présentant des comorbidités.

Mais dans une circulaire du 21 novembre, la Direction générale de la santé explique que "des personnes vivant dans l’entourage ou en contact régulier avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables" sont aussi éligibles. "Une personne jeune, sans comorbidité, qui voit régulièrement des proches dans la cible est donc éligible", conclut le texte.

A partir de quel moment faut-il faire cette dose de rappel ?

Dans un document transmis par le ministère de la Santé, les recommandations permettent la vaccination pour les personnes de plus de 60 ans dès six mois après leur dernière injection. Pour les plus de 80 ans c'est dès trois mois après la dernière injection (ou infection). Mais cela fonctionne aussi pour les personnes immunodéprimées, les personnes à risque de forme grave de Covid-19, les personnes enceintes, et les personnes en contact régulier avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables. Seule restriction, comme précédemment : le vaccin Moderna est déconseillé aux moins de 30 ans.

Ainsi, Philippe Amouyel résume, auprès de France Inter : "Il y a un raisonnement très simple : vous êtes à plus de six mois de votre dernière injection de vaccin, vous devez vous refaire vacciner (…). En cas d'infection, c'est quatre mois après la dernière infection par le Covid". L'objectif est, selon lui, d'éviter "de recontaminer des personnes fragiles". Avec un pic d’efficacité autour de deux semaines après l'injection, l'appel à la vaccination de ce début décembre vise à prémunir les fêtes de Noël de pics de contamination.

Vers un retour du masque obligatoire ?

François Braun a déclaré dimanche qu'il n'était "pas favorable à la coercition" et que le retour du masque obligatoire n'était pour le moment pas à l'ordre du jour. "On a eu énormément de restrictions, il y a une certaine lassitude. En revanche il est important de communiquer sur le port du masque", analyse Philippe Amoyel. Mais "mon bras ne tremblera pas", a prévenu le ministre de la Santé s'il faut un jour reprendre une mesure d'obligation, si "la saturation des hôpitaux ou l'évolution de l'épidémie de grippe" le nécessitent.

Pour l’heure, le port du masque est encore limité à la recommandation, notamment dans les lieux clos où l’on trouve beaucoup de public, et dans les transports en commun. Le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars), qui a remplacé le comité scientifique en place pendant la crise sanitaire, rendra un nouvel avis sur la situation épidémique à la fin de la semaine, ou au début de la prochaine.

Et la grippe dans tout ça ?

Alors que l’épidémie de grippe a été déclarée plus tôt que les années précédentes, Philippe Amouyel ajoute : "Avant les fêtes, on peut le coupler avec la grippe : profitez de voir votre médecin, votre pharmacien, pour vous faire vacciner contre la grippe. Là aussi, on a une couverture des plus fragiles qui est presque à la moitié de ce qu’on a connu l’année passée".

Selon les chiffres des autorités sanitaires, il y a cinq millions de Français qui se sont vaccinés contre la grippe pour le moment, soit 13% de moins que l’année dernière. Le cumul du Covid, de la grippe et des bronchiolites peut rendre la situation hospitalière plus tendue.