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Vaccination dans l'Éducation Nationale : "On a un sentiment de cacophonie totale et une forme d'abandon"

Sophie Vénétitay
Sophie Vénétitay
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Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, est l'invitée du journal de 13h sur France Inter. Le Snes-FSU demande la vaccination des personnels de l'Éducation nationale très vite. Le syndicat plaide également pour l'annulation de l'épreuve du grand oral pour les candidats au bac.

La FSU estime que la vaccination de tous les personnels de l'Education nationale devrait se faire rapidement, pour garantir la réouverture des établissements. Entretien avec Sophie Vénétitay, Secrétaire Générale adjointe du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. 

FRANCE INTER : La vaccination promise pour la mi-avril semble incertaine. Que vous dit-on au ministère de l'Éducation Nationale ? 

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SOPHIE VÉNÉTITAY : Le ministère ne nous DIT pas grand chose, voir rien du tout. Nous n'avons pas de réponse depuis le mois de janvier ; nous apprenons cela dans les médias, mais nous n'avons toujours pas d'explication concrète quant à la mise en œuvre de la vaccination. Nous avons un sentiment de cacophonie totale et une forme d'abandon. On nous a d'abord parlé du mois de mars, puis avril et maintenant on parle de juin. 

Vous considérez toujours que les personnels enseignants doivent faire partie des groupes prioritaires ? 

"C'est la demande et ça nous semble normal. Il y a des choix politiques à faire, et des choix de moyens pour nous permettre de fonctionner jusqu'à la fin de l'année. Nous voudrions donc que les personnels soient vaccinés avant le 3 mai, qui est la date de retour des élèves dans les établissements". 

Il y a 870 000 prof au total, apparemment les professeurs de maternelle et ceux qui s'occupent d'handicapés devraient être vaccinés ? 

"Là aussi on a du mal à y voir clair, hier Emmanuel Macron a parlé de 70 000 personnes. Ce que nous disons, nous, c'est qu'il y a beaucoup de gens concernés. Je pense par exemple aux surveillants, dans les cantines du seconde degré : ils surveillent les élèves à un moment où ils ne portent pas de masque. 

On n'a jamais pu avoir une réunion pour mettre toutes les hypothèses et les situations sur la table. Il y a deux éléments à travailler pour la rentrée. Ce serait bien qu'on ne vive pas la même semaine chaotique lors de la rentrée du 26 avril, que les outils numériques fonctionnent correctement. Quant à la semaine de retour des élèves à l'intérieur des établissement, il faudrait organiser la présence par demi-groupes par exemple, et nous aurions aussi besoin que soient installés des détecteurs de CO². Il faudrait aussi penser à une politique de tests sur plusieurs semaines".

Le grand oral pourra-t-il se tenir ? 

"Il nous parait très compliqué que ça puisse se tenir convenablement. Les deux dernières années n'ont pas été normales, l'épreuve est particulière, ni les professeurs ni les élèves ne sont prêts. Il faut la supprimer cette année. Ils ne sont pas prêts à faire face car la préparation à cette nouvelle épreuve n'a pas pu se dérouler correctement".