Publicité

Vaccination en France : le rythme de la campagne est-il à la baisse ?

Par
Le nombre de rendez-vous pris sur Doctolib pour une première dose est aussi en baisse quasi-continue depuis maintenant 10 jours.
Le nombre de rendez-vous pris sur Doctolib pour une première dose est aussi en baisse quasi-continue depuis maintenant 10 jours.
© AFP

Le nombre quotidien de primo-injections légèrement stagnant ces derniers jours et les prises de rendez-vous en recul sur Doctolib laissent entrevoir un léger ralentissement de la campagne de vaccination. Un effet qui s'explique notamment par la place que prennent les deuxièmes doses actuellement.

Le plafond de verre est-il (déjà) atteint ? Rassurons-nous, sans doute pas encore. Mais, "petite alerte et coup d’émotion : il reste des créneaux de vaccination dans beaucoup de centres", alertait mercredi le directeur de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France, Aurélien Rousseau. Ces derniers jours, en effet, le rythme des primo-injections semble ralentir légèrement, sur le front de la vaccination anti-Covid. De même, le nombre de rendez-vous pris sur Doctolib pour une première dose est aussi en baisse quasi-continue depuis maintenant 10 jours, d'après les données publiques de la plateforme, l'un des principaux outils de prise de rendez-vous en France. 

En effet, en moyenne, on comptait ainsi chaque jour 295 010 rendez-vous quotidiens au 31 mai, contre 192 272 au 10 juin. "Le nombre d’injections continue de progresser mais de nombreux créneaux sont prévus pour les deuxièmes injections, suite au pic de premières injections en mai dernier, donc déjà réservés", explique Doctolib à France Inter, même si "le rythme reste soutenu". En effet, ces créneaux de seconde dose occuperaient aujourd'hui deux fois plus de place qu'au mois de mai. 

Publicité

Le poids des deuxièmes doses

Ainsi, le volume de deuxièmes injections (elle doit avoir lieu entre 35 et 49 jours après la première, soit cinq à sept semaines) freinerait donc le nombre quotidien de nouvelles premières doses. On constate en effet – sans doute est-ce lié – que le nombre de primo-injections quotidiennes a connu une légère stagnation depuis 10 jours (autour de 350 000 piqures par jour en moyenne contre jusqu'à 400 000 début mai), d'après les données de Santé publique France ; même si, les 8 et 9 juin, la courbe est repartie à la hausse. 

En parallèle, le nombre quotidien de secondes injections poursuit une augmentation logiquement entamée fin mai et correspondant à l'élargissement des critères vaccinaux quelques semaines plus tôt. De moins de 110 000 injections quotidiennes en moyenne le 24 mai à près de 230 000 désormais. 

Tout cela dépend aussi beaucoup des régions et "la situation est très hétérogène", note Doctolib. Le site rapporte 10 000 disponibilités de rendez-vous à trois jours dans le département du Nord ou la Seine-Saint-Denis contre 4 000 à Paris, sous le même délai. "La moitié des départements sont encore sous tension avec moins de 1 000 créneaux disponibles chaque jour pour le lendemain par département", indique encore la plateforme. De plus, "le nombre de créneaux ouverts est limité en raison d'un manque de visibilité sur les livraisons de vaccins à partir de juillet".

"Il n'y a pas du tout une réduction de la demande", a pourtant affirmé jeudi Olivier Véran. Selon le ministre de la Santé, des créneaux restent disponibles en raison de l'importante offre de vaccins et des livraisons massives du mois de juin. Mais, d'après BFMTV, "la plus faible appétence de la population active pour les créneaux en semaine" doit être prise en compte en étendant les horaires des centres de vaccination sur les extrémités de la journée et les week-ends.

30 millions de vaccinés mi-juin ?

Dans tous les cas, l'objectif, fixé par le gouvernement, de vacciner 30 millions de Français sera sans trop de surprise atteint. Actuellement, près de 44% de la population a reçu une première dose (54% de la population de 16 ans et plus). Cela représente 29 482 018 personnes. Au rythme moyen actuel de 379 681 premières injections par jour, il y aura bien 30 millions de personnes vaccinées avec une dose à la mi-juin.