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Valérie Pécresse a-t-elle proposé de "démarier" les couples homosexuels ?

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Valérie Pécresse lors d'une manifestation contre le mariage homosexuel le 15 décembre 2013 [photo d'illustration].
Valérie Pécresse lors d'une manifestation contre le mariage homosexuel le 15 décembre 2013 [photo d'illustration].
© AFP - MARTIN BUREAU

Le positionnement de Valérie Pécresse sur le mariage gay a évolué au fil de années. En 2012, il lui a été reproché de vouloir "démarier" les couples homosexuels. Des propos et un positionnement qu'elle a contestés mais qui depuis, refont régulièrement surface.

C'est une petite phrase qui ressort ces derniers jours sur les réseaux sociaux : "Valérie Pécresse voulait "démarier" les couples gays". La mèche a notamment été allumée par le candidat écologiste Yannick Jadot qui, le jour de la victoire de Valérie Pécresse au Congrès LR, a dénoncé sur Twitter une "candidate homophobe et anti-immigrés". "C'est la candidate de la 'Manif pour tous'", a-t-il ensuite affirmé sur le plateau de "Dimanche en politique" sur France 3.

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Alors qu'en est-il ? Valérie Pécresse voulait-elle "démarier" les couples de même sexe ?

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Une affirmation et un rétropédalage

Pour le savoir, il faut remonter à novembre 2012. À cette époque, le projet de loi sur le mariage pour tous est présenté en Conseil des ministres. L'ouverture du droit au mariage et à l'adoption pour les couples de même sexe fait partie des promesses de campagne du président Hollande. Mais le projet fait débat dans la société. Le collectif "La manif pour tous" vient d'être créé. À droite, François Fillon, Christian Jacob ou encore Laurent Wauquiez font savoir que si l'UMP revient au pouvoir, la loi sera abrogée.

Interrogée à ce sujet sur LCI le 5 novembre 2012, Valérie Pécresse se prononce elle aussi pour une abrogation mais souhaite également revenir sur les mariages déjà célébrés : "On peut imaginer mettre en place un statut d'union civile et transférer les droits sur un statut d'union civile. Ça peut se faire", estime-t-elle. Une affirmation aussitôt remise en question, jusque dans son propre camp, comme par Christine Boutin, pour qui "il ne faut pas dire ça à nos concitoyens. On ne pourra pas revenir en arrière, on ne peut pas démarier des gens."

Rétropédalage quelques heures plus tard sur Twitter puisque Valérie Pécresse précise qu'elle n'a pas proposé de "'démarier' quiconque" mais "de transformer le mariage en 'union civile'".

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"Sur le mariage homosexuel, j'ai changé d'avis parce que tout simplement j'ai réfléchi."

Cinq mois plus tard, les manifestations contre le mariage pour tous se poursuivent et rassemblent des centaines de milliers de personnes, parmi lesquelles Valérie Pécresse. Le 21 avril 2013, l'ancienne ministre sous Nicolas Sarkozy est invitée sur le plateau de C/Politique sur France 5 et la journaliste Caroline Roux lui demande de s'expliquer sur ses propos de 2012. "Ça a été une caricature absolue de ce que j'avais dit", rétorque Valérie Pécresse, comme le montre cette vidéo du HuffPost :

Deux jours plus tard, le Parlement adopte définitivement le projet de loi. Cette dernière est promulguée par le président de la République le 17 mai 2013 et publiée au Journal officiel le lendemain. Quelques jours plus tard, sur France Culture, Valérie Pécresse indique qu'elle appliquera la loi et fait machine arrière en soulignant qu'"on ne pourra pas revenir sur le mariage et l'adoption en 2017".

Un positionnement qu'elle confirme en novembre 2014, en affirmant que "l'abrogation n'est pas humainement réaliste. Il y a un débat sur le juridique - on peut toujours débattre sur le juridique - mais moi je crois que c'est l'humain dont il faut qu'on parle, explique-t-elle sur i>Télé. "Sur le mariage homosexuel, j'ai changé d'avis parce que tout simplement j'ai réfléchi." Elle estime cependant que "sur les questions de filiation", il faut "réécrire la loi" et "surtout mettre des écrous très forts sur la GPA (gestation pour autrui, NDLR) et sur la PMA (procréation médicalement assistée, NDLR)".

Un sparadrap qui lui colle à la peau

Cependant, les propos de 2012 de Valérie Pécresse sur le mariage homosexuel refont surface en novembre 2015. En opération séduction de l'électorat conservateur, elle intègre sur sa liste pour les élections régionales plusieurs opposants de longue date au mariage gay. À gauche, ses adversaires politiques partagent de nouveau son interview.

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Par ailleurs, lors de cette même campagne, elle participe à un meeting de "La manif pour tous" et affirme : "Je me suis toujours battue pour les droits de l'enfant, pas pour les droits à l'enfant et de ce point de vue, je continuerai à dire que je suis contre la marchandisation de l'humain, contre la procréation médicalement assistée pour des raisons non médicales, que je suis contre la gestation pour autrui, parce qu'on est en train de perdre de vue ce qui fait l'essence même de la vie." (10'04)

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Pour puis contre, contre puis pour

Deux ans plus tard, nouveau revirement de situation. Alors qu'elle essaye d'ouvrir une ligne moins conservatrice au sein des Républicains pour contrer Laurent Wauquiez, elle affirme dans le Journal du dimanche que "sur les sujets de société, les Républicains doivent faire leur mue". Pour elle, "la droite doit accepter qu'on ne reviendra pas sur la loi Taubira", "chacun doit pouvoir aimer qui il veut, s'habiller comme il veut, du moment qu'il respecte la loi".

Concernant la PMA pour toutes, "elle soulève de vrais problèmes éthiques qui ne peuvent pas être balayés d'un revers de main, mais doivent être débattus de manière sereine. Quand j'entends dire que les enfants de la PMA devraient ne pas exister, cette phrase me glace."

Des revirements à répétition

Sur toutes ces questions, le positionnement de Valérie Pécresse a évolué au fil des années et évolue encore. Le 23 septembre dernier, invitée de l'émission "Élysée 2022", Valérie Pécresse indique à propos de sa participation aux manifestations contre le mariage pour tous : "Ce que j'ai regretté, c'est les invectives qui ont pu être prononcées lors de ces manifestations et à aucun moment je n'ai voulu de violences, je défendais l'union civile à l'époque." Concernant la PMA pour toutes, elle explique que si elle avait été députée, elle l'aurait voté mais "à la condition que les enfants puissent avoir à leur majorité accès à leurs origines". Des propos qui ont déplu à "La manif pour tous", qui lui reproche des "reniements". 

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Ce lundi sur France Inter, Valérie Pécresse a redit être "favorable" à la PMA "dès lors que les enfants ont accès à leurs origines à leur majorité" mais contre la gestation pour autrui, "qui pour moi est une marchandisation du corps des femmes et que je ne veux à aucun prix autoriser".