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Valérie Pécresse : chiraquienne, vraiment ?

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Valérie Pécresse à Brive, en Corrèze, en août 2021
Valérie Pécresse à Brive, en Corrèze, en août 2021
© AFP - MEHDI FEDOUACH

La candidate de la droite à l'élection présidentielle sera ce jeudi en déplacement dans le Doubs pour parler ruralité. Une manière de corriger une image francilienne qui lui colle à la peau et de s’inscrire dans les pas de Jacques Chirac, mentor et totem à droite.

Poules pondeuses et production de comté au programme de la journée de Valérie Pécresse qui visite ce jeudi deux exploitations agricoles près de Besançon. Un petit air de salon de l’Agriculture où Jacques Chirac était comme chez lui pour une Valérie Pécresse qui se présente comme une "bébé Chirac". "Nous avions avec le président Chirac une parenté forte. Car il était à la fois maire de Paris et député de la Corrèze, quand moi je suis présidente de la région Ile-de-France tout en ayant des attaches dans le département de la Corrèze que j’ai choisi il y vingt-sept ans", explique la candidate à la présidentielle, allusion aux origines familiales de son mari. 

Les hommages à l’ancien président sont visibles jusque dans son bureau : une photo, une figurine et un livre consacré à Jacques Chirac ont été savamment disposés à l’occasion de la visite organisée pour les journalistes lors de l’inauguration du QG de campagne.

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"Il est celui qui m'a le premier fait confiance"

C’est en 1997, juste après la dissolution ratée que Valérie Pécresse commence à travailler avec Jacques Chirac, dont elle intègre le cabinet. "Il est celui qui m’a le premier fait confiance", explique celle qui rejoint le camp Chirac alors que personne ne croit à sa réélection en 2002. "J’y ai cru et il a fini par l’emporter, c’est un apprentissage que j’ai eu auprès de lui."

Mais la filiation chiraquienne de Valérie Pécresse ne s’arrête pas là. Lors de la campagne interne pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle 2022, elle reprend les fameuses expressions de son mentor. À presque chacun de ses meetings, elle fait rire l’assistance : "Les sondages, ça va ça vient, c’est comme la queue du chien." Capacité à réformer (sur les retraites, le handicap), amour du terrain, des Français, Valérie Pécresse travaille depuis un mois sa fibre chiraquienne : "Je suis à la fois attachée à l’ordre, au régalien, à la sécurité, à la liberté des entreprises mais j’ai aussi une fibre sociale", insiste-t-elle.

Faire campagne en reprenant le thème de la fracture sociale ? Pour Aurélien Pradié, député du Lot et porte-parole de Valérie Pécresse dans cette campagne, c’est un atout. "Réparer les fractures n’a jamais été autant d’actualité, car Emmanuel Macron a profondément fracturé la société française", insiste l’élu, fervent admirateur de l’ancien président dont une immense photo orne le bureau. 

Chiraquienne, sarkozyste ou filloniste ?

Mais Valérie Pécresse n’est-elle l’héritière que de la droite chiraquienne ? Dans les rangs du parti, on rappelle la fibre fillonniste de la candidate au congrès, très attachée à la rigueur budgétaire et à la nécessité de supprimer des postes de fonctionnaires. Certains l’avaient même mise en garde de ne pas trop en faire. 

Autre filiation sur laquelle Valérie Pecresse a fait campagne ces derniers jours : le sarkozysme. En appelant à "ressortir le karcher" et en se rendant lundi à Argenteuil pour parler rénovation urbaine, la candidate a cherché à parler aux électeurs de la droite de 2007. De quoi écorner le mythe d’une Valérie Pécresse 100% chiraquienne ? "Valérie gagnera si elle est elle-même", botte en touche son équipe.