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Vers une ouverture de la vaccination avec AstraZeneca pour les moins de 55 ans ?

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La Grande Bretagne administre le vaccin AstraZeneca au plus de 30 ans, comme ici dans la cathédrale de Lichfield, qui a été convertie en centre de vaccination
La Grande Bretagne administre le vaccin AstraZeneca au plus de 30 ans, comme ici dans la cathédrale de Lichfield, qui a été convertie en centre de vaccination
© AFP - Oli SCARFF

Le ministre de la Santé a demandé un avis à la Haute autorité de Santé. Pour l'instant le "Monsieur Vaccin" du gouvernement n'y est pas favorable. L'une des hypothèses envisagée serait la signature d'une décharge par la personne vaccinée.

L'Allemagne a annoncé jeudi ouvrir la vaccination avec le sérum AstraZeneca à tous les adultes et plus seulement aux plus de 60 ans. La France va-t-elle suivre cet exemple ? Le sujet est dans les esprits en tout cas, alors que le calendrier de la vaccination s'accélère et que les stocks de ce vaccin ont encore du mal à s'écouler à cause de sa mauvaise image. 

Le ministre de la santé, Olivier Véran, a demandé à la Haute autorité de santé de réfléchir à ouvrir les vannes, fermées aux plus de 55 ans depuis le 19 mars. Mais Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, n'y est pas favorable. 

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Ouvrir la vaccination AstraZeneca aux moins de 55 ans aurait en effet un double avantage : écouler les doses qui ne sont utilisées qu'aux trois-quarts et accélérer la cadence en vaccinant les plus jeunes. D'ailleurs, beaucoup de médecins de ville se désolent de devoir refuser la vaccination à de jeunes quinquagénaires volontaires ! Leur injecter ce vaccin, malgré tout, n'est pas une option puisque c'est interdit et ce serait bien trop risqué juridiquement. 

Vaccination contre décharge ?

Ailleurs en Europe, les pratiques diffèrent : certains pays réservent l'AstraZeneca toujours aux plus de 60 ans, quand l'Autriche le donne à tous les adultes et l'Allemagne s'apprête à faire la même chose. Le Royaume-Uni, lui, l'administre à partir de 30 ans. 

Alain Fischer, le "Monsieur Vaccin" français, continue pourtant de penser que, pour l'instant, l'analyse du bénéfice risque pour les plus jeunes invite au statu quo : 

Dans un contexte où la circulation du virus diminue (même si elle reste relativement élevée) et puisqu'on peut proposer une alternative, un vaccin à base ARN, je ne suis pas favorable à bouger la ligne de recommandation telle qu'elle est fixée actuellement.

Saisie par Olivier Véran, la Haute autorité de santé pourrait se prononcer en début de semaine prochaine. 

Sans recommander le vaccin aux plus jeunes, elle pourrait au moins faire sauter l'interdit et accorder une liberté de choix : les patients volontaires de moins de 55 ans pourraient ainsi se faire vacciner avec AstraZeneca en signant ou pas, cela reste à voir, une sorte de décharge, un document attestant qu'ils ont conscience du bénéfice-risque.