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Voici plusieurs moyens d'aider les Afghans sur place et en France

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Le 6 juillet, MSF a installé une clinique temporaire à Kunduz. L'équipe a effectué plus de 3 400 consultations lors des 12 premiers jours.
Le 6 juillet, MSF a installé une clinique temporaire à Kunduz. L'équipe a effectué plus de 3 400 consultations lors des 12 premiers jours.
- © Prue Coakley/MSF

Les talibans sont de retour au pouvoir en Afghanistan. Les combats de ces dernières semaines ont provoqué le chaos dans le pays et déplacé de nombreux civils. Sur place, les ONG tentent de s’organiser. Il est déjà possible de faire des dons pour appuyer leurs actions.

Les scènes de chaos se multiplient en Afghanistan depuis la prise de pouvoir des Talibans. La capitale, Kaboul, est tombée et le président Ashraf Ghani a quitté le pays. Les images qui nous parviennent, principalement des réseaux sociaux, montrent des talibans armés de kalachnikov envahissant le palais présidentiel et des civils effrayés qui tentent par tous les moyens de fuir. 

L’aéroport de Kaboul a été pris d’assaut et les derniers expatriés sont évacués par les puissances internationales. La chute de la capitale a été précédée par des combats ces dernières semaines, partout sur le territoire. Une guerre qui déplace, une nouvelle fois, des populations apeurées. Selon le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, près de 400 000 civils ont été contraints de quitter leur foyer depuis le début de l’année. Ils rejoignent le plus fréquemment les grandes villes. 

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Pour venir en aide aux déplacés, Action contre la Faim

L'ONG Action contre la Faim est sur le terrain pour aider les Afghans. Elle a besoin de fonds en urgence. "N_ous devons mobiliser des fonds, réaffecter nos besoins afin de pouvoir intervenir sans attendre le feu vert de bailleurs._ Un appel aux dons va être lancé très prochainement sur notre site internet. Les dons seront dirigés vers Kaboul mais aussi dans les provinces où les déplacés sont aussi nombreux", précise Action Contre la Faim. 

"Nos activités sont arrêtées pour deux semaines, le temps de voir comment les choses évoluent. Mais la volonté de rester est là, les besoins humanitaires sont énormes", ajoute l'ONG. L'objectif est donc de redémarrer l'activité au plus vite. "Elle se fera surement en priorité à Kaboul, c’est là que les camps de déplacés sont en train de se constituer", souligne ACF. Difficile pour le moment de quantifier les besoins. "Nous ignorons combien d’enfants, de femmes sont concernés… Si ce sont les médicaments, la nourriture ou les vêtements qui manquent le plus", ajoute une responsable humanitaire. Difficile également de savoir comment les Talibans vont les laisser agir.

La situation dans la capitale, Kaboul, inquiète beaucoup les associations humanitaires. "Les campements se multiplient et les déplacés sont de plus en plus nombreux, d'heure en heure", avance Action Contre la Faim.

Pour l'aide médicale d'urgence, MSF reste mobilisé sur place

Médecins Sans Frontières intervient depuis de nombreuses années en Afghanistan. Contactée par France Inter, l'ONG assure que les projets sont toujours en cours et que l’aide médicale est assurée dans les provinces touchées par les affrontements, des villes comme Kandahar ou Kunduz par exemple. Dans son dernier bulletin, mis en ligne le 13 août, MSF confirme son action humanitaire auprès des blessés, "à Lashkar Gah, où MSF soutient l’hôpital de Boost, des combats intenses ont lieu au sein même de la ville depuis une semaine. La vie est à l'arrêt et les soignants traitent les urgences médicales, obstétricales et chirurgicales. Malgré le conflit, MSF a réussi à garder tous les départements de l’hôpital ouverts". "Nous nous organisons au jour le jour et nous nous assurons de la sécurité de notre personnel. Nos collaborateurs connaissent les terrains de conflits, de guerre. L’adaptation et l’urgence sont dans notre ADN. Nous discutons avec toutes les parties : notre mission est auprès des civils", nous confirme l’ONG. 

L’urgence est aussi de s’occuper des déplacés, les campements grossissent de jour en jour. "En juillet, à Kunduz, MSF a ouvert une petite clinique offrant des consultations ambulatoires aux femmes et aux enfants déplacés à Sar Dawra. L’équipe a commencé à fournir de l'eau potable aux personnes déplacées à l'intérieur du pays. La clinique a traité environ 300 patients par jour et, au début du mois d’août, MSF a transféré les activités à une autre organisation pour permettre aux équipes de se concentrer sur les soins de traumatologie". 

Pour les enfants, Rescue.org et Save The Children lancent des appels à la solidarité

Dynamique similaire pour d’autres organismes internationaux, comme Rescue.org et Save The Children. La première, active depuis 1988, intervient principalement auprès des femmes et des enfants. La seconde se concentre sur l’accès aux soins et à l’éducation pour les plus petits. Les appels à la solidarité ont fleuri ces dernières heures en une de leur site internet. Une liste plus exhaustive d’ONG internationales est à retrouver ici.

Pour aider les femmes afghanes sur le terrain

L’arrivée des talibans va entraîner une détérioration immédiate de la condition des femmes et des fillettes. Pour rappel, entre 1996 et 2001, période à laquelle ils dirigeaient l'Afghanistan, les femmes n’avaient pas le droit de s'instruire. Interdiction également d’apparaître en public sans la présence d’un homme. Les lapidations étaient aussi quotidiennes. L’histoire risque de se répéter malgré le message des talibans assurant ne plus s'opposer à la scolarisation des jeunes filles. Pour preuve, depuis le début du conflit, dans les provinces déjà administrées par le groupe islamique, de nombreuses écoles ont été fermées. En mai dernier, une explosion avait fait cinquante morts devant une école pour filles à Kaboul.  Le HCR confirme ses inquiétudes, "nous sommes particulièrement inquiets de l’impact du conflit sur les femmes et les jeunes filles. Parmi près de 250 000 Afghans forcés de fuir depuis la fin du mois de mai, 80% sont des femmes et des enfants". Le site MademoiZelle.com recensait certaines organisations reconnues en France pour leur combat en faveur de l’éducation des jeunes afghanes, comme Afghanistan Libre et Negar-Soutien aux femmes d’Afghanistan. Impossible actuellement de savoir quels seront leurs moyens d’action dans les semaines et mois à venir. Certaines de ses structures sont pour l'heure injoignables. 

Un sentiment d’incertitude partagé par Women for Women International. L’ONG a, pour l'instant, suspendue toutes ses opérations et mis ses équipes en sécurité. Mais ces dernières refusent d’arrêter leur mission. "Au cours des dernières décennies, nous avons atteint plus de 120 000 femmes en Afghanistan et nous espérons augmenter les services pour les personnes déplacées et celles qui ont le plus besoin de nous maintenant", assure l’ONG sur son compte Twitter, relançant sur son site une campagne de dons. 

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Pour aider ou héberger des Afghans réfugiés en France

Dans l'Hexagone, plusieurs associations tentent de venir en aide au migrants afghans qui ont déjà réussi à fuir les combats. Selon Utopia 56, "les personnes afghanes sont les plus représentées parmi les demandeurs d’asile ces dernières années en France", soit 16,4% en 2019. Un chiffre qui grimpe à 19,1% en 2020. L’association propose trois manières, très concrètes, de les aider. La première, en faisant un don afin de fournir repas et vêtements. La seconde en devenant bénévoles sur le terrain. "C’est aussi une population qu’il faut rassurer. Beaucoup, principalement de jeunes hommes, ont laissé leur famille là-bas et tentaient de gagner leur vie dans notre pays afin de leur envoyer de l’argent", nous explique Utopia 56. Des migrants aujourd’hui sans nouvelles de leurs proches et qui redoutent les répercussions de leur départ sur leur famille. 

La dernière action possible est de vous signaler comme famille  "hébergeur" auprès de l’association. L’objectif : accueillir chaque soir un migrant se trouvant à la rue et en situation d'urgence. "Nous avons besoin quotidiennement d’une trentaine de familles. Principalement à Paris, Rennes et Lille. Il est également possible de s’engager sur une période plus longue, en prenant en charge de jeunes mineurs", nous détaille un membre de l’association. La démarche est simple : il suffit de remplir un formulaire sur le site internet d’Utopia 56. "Ils sont ensuite rappelés par nos bénévoles, afin de les rassurer, de vérifier leurs intentions et de bien expliquer le procédé". 

Pour ne pas oublier l'Afghanistan, se mobiliser sur les réseaux sociaux

Au-delà de l'argent, plusieurs ONG, dont International Rescue Committee,  appellent les internautes à afficher leur soutien sur les réseaux sociaux en partageant des posts sur Instagram ou Twitter. En France, cette solidarité peut sembler plus abstraite : en soutien au peuple afghan, Anne Hidalgo a promis l’inauguration d’une allée en hommage au commandant Massoud. "Nous ne pouvons pas abandonner les Afghanes. L’Europe, la communauté internationale doivent agir et les soutenir. L’inauguration d’une allée Commandant Massoud à Paris est plus qu’un symbole, c’est un soutien actif à ceux qui portent un espoir de lumières  en Afghanistan", a assurée la maire de Paris sur les réseaux sociaux. Mais sa démarche fait débat. 

L'avenir des femmes, des fillettes, des minorités inquiètent particulièrement la communauté internationale. De nombreuses activistes ont œuvré depuis vingt ans pour améliorer leurs conditions de vie. Des femmes, et des hommes, aujourd'hui en danger de mort. Une pétition, disponible ici, demande à Emmanuel Macron d'organiser leur accueil en France. "Qu'adviendra-t-il des Mary Akrami, des Suraya Pakzad et de toutes celles qui, comme elles, œuvrent pour les droits des femmes et des filles en Afghanistan ? Devront-elles subir le sort de Sitara Achakzaï et de toutes celles que les Talibans ont exécutées car elles avaient eu l'audace d'ouvrir des écoles ou de s'élever contre les viols conjugaux ? Qu'elles soient militantes féministes, juges, journalistes, toutes disent craindre particulièrement pour leur vie, convaincues que les Talibans n'hésiteront pas à les exécuter si elles étaient rattrapées. Organisez l'accueil des femmes et minorités de genre qui souhaiteront trouver en France un refuge. Et organisez-le sans plus attendre", implore le texte déjà signé par près de 54 000 personnes.

La campagne de soutien de l'ONG Rescue.org en faveur de l'Afghanistan sur les réseaux sociaux
La campagne de soutien de l'ONG Rescue.org en faveur de l'Afghanistan sur les réseaux sociaux
- @Rescue.org