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William Klein, grand nom de la photographie urbaine, est mort

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William Klein, en 2002 à la Maison européenne de la Photographie
William Klein, en 2002 à la Maison européenne de la Photographie
© AFP - Maximilien Lamy

Le photographe américain William Klein, célèbre pour ses photos de mode ainsi que pour ses photos de rue, est mort samedi à l'âge de 96 ans à Paris, où il vivait depuis plus d'un demi-siècle. Son fils l'a annoncé lundi.

Son nom est l'un des grands noms de la photographie du XXe siècle : William Klein est mort "paisiblement" samedi soir à Paris. Il avait 96 ans. Son fils, Pierre Klein, l'a annoncé lundi dans un communiqué. Né en 1926 à New-York, c'est pendant son service militaire qu'il découvre l'Europe, et s'y installe à partir de 1946 : démobilisé à Paris, il commence par se consacrer à la peinture, en fréquentant notamment Fernand Léger, puis à la sculpture.

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Le grand entretien
41 min

De la photo de mode à la photo urbaine

Ses premières photos sont en fait des créations abstraites : il faut attendre le milieu des années 50 pour qu'il soit remarqué en tant que photographe par le milieu de la mode. Vogue est la première revue pour laquelle il s'illustre, grâce au directeur artistique Alexander Libermann qui remarque son travail.

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Plusieurs photos de mode de William Klein exposées dans le cadre d'une rétrospective au Centre Pompidou, en 2005
Plusieurs photos de mode de William Klein exposées dans le cadre d'une rétrospective au Centre Pompidou, en 2005
© AFP - PIERRE VERDY

La photographie de mode l'emmène doucement vers la photographie urbaine : il est l'un des premiers à faire sortir les modèles des studios photos pour les emmener dans la rue, pour les mettre en scène dans les paysages urbains.

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En parallèle, il photographie aussi la ville : son premier appareil photo, au milieu des années 50, il l'avait étrenné en mitraillant les monuments parisiens. De retour aux États-Unis, il continue à prendre en photo les rues, les passants, les commerçants. De ce journal personnel, il tire son premier livre de photos : "Life is good and good for you in New-York", sorti en France en 1956 (beaucoup plus tard outre-Atlantique).

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"Photo brutale mais vivante"

C'est cette patte visuelle-là qui reste de lui : "Dans ce type de photographie le photographe se met souvent en retrait, il se cache pour capter les scènes. Mais lui, il va directement sur le trottoir, il fonce sur les gens. Cela a donné naissance à une photo extrêmement brutale, mais extrêmement vraie, vivante", a expliqué à Franceinfo Alain Genestar, du magazine spécialisé Polka. En d'autres termes, il révolutionne la photo de rue.

Extrait du film "Qui êtes vous Polly Maggoo ?"
Extrait du film "Qui êtes vous Polly Maggoo ?"
© AFP - CLUB DES PRODUCTEURS / COLLECTION CHRISTOPHEL

Marié à l'artiste française Jeanne Florin, il se tourne vers les images en mouvement : il tourne des films de fiction, comme "Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?", avec Alice Sapritch et Jean Rochefort ou "Mister Freedom" avec Philippe Noiret et Yves Montand ; mais aussi de nombreux documentaires, consacrés tour à tour à la guerre du Vietnam ou au boxeur Mohammed Ali.

On lui doit aussi de très nombreux films publicitaires dont certains ont marqué leur époque. En tout, il en a réalisé près de 250.

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Dans les années 80, il revient à la photo et publie plusieurs ouvrages… ainsi qu'une photo devenue culte, celle de Serge Gainsbourg en travesti, cigarette à la main, qui devient la pochette de son album "Love on the beat".

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Il développe alors une nouvelle technique : les "contacts peints", où il agrandit ses planches-contacts pour peindre directement sur l'image. Cette fusion entre son travail de photographe et celui de peintre est l'un de ses derniers traits de création : à partir des années 1990, il a essentiellement réédité – et parfois amélioré – ses précédents ouvrages. Mais il avait aussi pris le virage des réseaux sociaux et postait régulièrement ses photos, anciennes ou plus récentes, sur Instagram.

Les "contacts peints" de William Klein, ici exposés en 1996 à Beaune
Les "contacts peints" de William Klein, ici exposés en 1996 à Beaune
© AFP - SAMIRA BOUHIN