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Anna Netrebko condamne la guerre en Ukraine et annonce son retour sur scène

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La soprano russe avait été déclarée persona non grata dans la majorité des salles occidentales.
La soprano russe avait été déclarée persona non grata dans la majorité des salles occidentales.
© AFP - Georg Hochmuth

"Je condamne expressément la guerre contre l'Ukraine, ma position est claire", écrit la soprano russe sur sa page Facebook. Dans la foulée, elle a été déprogrammée d'un opéra russe.

Anna Netrebko sort de son silence. La soprano russe, critiquée pour ne pas avoir dénoncé la guerre en Ukraine, a exprimé "clairement" sa condamnation de l'invasion et annoncé reprendre ses concerts en Europe fin mai, dans un message publié mercredi sur sa page Facebook. "Je regrette que mes actions ou déclarations passées aient pu être mal interprétées", a écrit l'artiste, qui vit à Vienne : "Je condamne expressément la guerre contre l'Ukraine. Ma position est claire."

"Je ne suis membre d'aucun parti politique et l'alliée d'aucun dirigeant russe", a tenu à souligner l'artiste, qui indique n'avoir rencontré Vladimir Poutine "qu'à quelques reprises" dans sa vie, notamment lors de la réception de prix ou de sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. "Mis à part cela, je n'ai jamais reçu aucun soutien financier du gouvernement russe (...) J'aime mon pays d'origine et recherche seulement la paix et l'unité à travers mon art."

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Bannie de la majorité des salles occidentales

Anna Netrebko avait été déclarée persona non grata dans la majorité des salles occidentales. Début mars, la soprano, critiquée pour une complaisance supposée envers le président russe, s'était notamment retirée de tous les concerts prévus au Metropolitan Opera de New-York, "ne s'étant pas conformée aux conditions du Met pour qu'elle répudie son soutien officiel à Vladimir Poutine", annonçait l'établissement new-yorkais (qui estime d'ailleurs que le mea culpa d'Anna Netrebko n'est "pas suffisant"). L'artiste avait également été bannie début mars du Bayerische Staatsoper.

La soprano russe avait alors annoncé se retirer provisoirement de la scène, préférant annuler ses engagements à Milan, Munich et Zurich en précisant que "ce n'est pas le bon moment pour [elle] de jouer et de faire de la musique". Elle dénoncait également l’obligation des artistes de se positionner pour ou contre le conflit en Ukraine. "Forcer les artistes, ou toute personnalité publique, à exprimer leurs opinions politiques en public et à dénoncer leur patrie n'est pas juste. Cela devrait être un choix libre", estimait-elle alors.

Déprogrammée en Russie

Action, réaction. Après qu'Anna Netrebko a exprimé sa condamnation de la guerre en Ukraine, l'Opéra de Novossibirsk, en Sibérie, a annoncé dans la foulée l'annulation d'un concert prévu le 2 juin prochain. "Vivre en Europe et avoir l'opportunité de se produire dans des salles de concert européennes s'est révélé être plus important (pour elle) que le sort de la patrie", a vertement dénoncé l'opéra dans un communiqué : "Nous ne devrions pas avoir peur des figures culturelles qui tournent le dos à leur patrie. Notre pays est riche en talents et les idoles d'hier seront remplacées par d'autres ayant une position citoyenne claire."

Vendredi, Vyacheslav Volodine, le président de la Douma, la chambre basse russe, a enfoncé le clou. Il a qualifié de "traitres" les artistes qui, comme Anna Netrebko, "ont fui vers des climats plus chauds, diffusent des accusations et privilégient l’ enrichissement et la gloire plutôt que l’amour de la patrie", a-t-il écrit sur la messagerie Telegram.