Bartok : Trois scènes de village (Chants populaires slovaques) Sz 79 BB 87b

13 min
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Bartok : Trois scènes de village (Chants populaires slovaques) Sz 79 BB 87b Publié le

Sofi Jeannin dirige les musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio France et la Maîtrise de Radio France dans les Scènes de village, composées par Bela Bartok en 1924. Extrait du concert donné le 17 septembre 2021 dans l'Auditorium de la Maison de la radio et de la musique.

Trois scènes villageoises

  1. Svatba (Noces) n°3
  2. Ukoliebavka (Berceuse) n°4
  3. Tanec mladencov (Danse du jeune homme) n°5

« Vouloir se préserver de toute influence étrangère, c’est rétrograder ; bien assimiler ces influences, c’est offrir de nouvelles possibilités d’enrichissement. » Béla Bartók

Bien qu’il ne soit pas toujours facile de différencier ce qui relève, dans son œuvre, du savant et du populaire, Béla Bartók a été profondément marqué par les recherches ethnomusicologiques. Il considérait que le compositeur pouvait citer ou réinventer la musique populaire, ne conserver d’elle que l’essence du style, ou en apprendre le langage jusqu’à le manier comme le poète manie sa langue maternelle. Opposé au folklorisme de Liszt, il associait la rigueur de l’ethnologue à la liberté du compositeur, refusait d’autant plus de se limiter aux musiques hongroises et roumaines que les nations elles-mêmes avaient été soumises à des déplacements récurrents de frontières et à des réalités régionales plus anciennes.

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Aux journaux qui lui reprochaient ses voyages et son désir de travailler sur d’autres musiques que celles de sa terre natale, il a adressé cette magnifique réponse : « Mon idée, depuis que je me sens compositeur, est la fraternisation entre les peuples, envers et contre toutes les guerres et toutes les discordes. Cette idée, je cherche à l’illustrer en musique ; je ne me ferme à aucune influence, qu’elle soit slovaque, roumaine, arabe ou de n’importe quelle source, pourvu que cette source soit pure, fraîche et saine ! »

Si la « musique paysanne authentique » a été pour lui une « source d’inspiration toute fraîche, toute nouvelle », Bartók ne s’est donc pas limité aux territoires d’Europe centrale. En 1917, la composition des Quatre chants populaires slovaques poursuivaient une exploration entreprise onze ans plus tôt, et qui s’était encore poursuivie en 1915 et 1916 avec des enregistrements de chants dans les villages du comitat de Zólyom. En 1924, année de la publication de son étude sur Le Chant populaire hongrois et de la naissance de son fils Peter, il renoue avec ce répertoire en dédiant un nouveau cycle à son épouse Ditta.

À réécouter : Dessner versus Bartók
30 min

Cinq mouvements, soit sept chansons puisque les troisième et quatrième mouvements réunissent chacun deux chansons ; dans l’ordre : « Fenaison », « Chez la fiancée », « Noce », « Berceuse » et « Danse de garçons ». La volonté de constituer un tout cohérent est claire, du point de vue textuel grâce à des scènes pittoresques complémentaires, et du point de vue musical avec, au centre, une mélodie enjouée faisant office de scherzo, des parties intermédiaires plus calmes, et deux mouvements plus vigoureux pour encadrer l’ensemble. L’œuvre n’était pas encore créée que Bartók décide d’en tirer une seconde version pour la ligue des compositeurs de New York.

Réduite à trois mouvements mais accompagnée d’un petit orchestre de chambre avec piano, harpe et important dispositif de percussions, cette nouvelle mouture est tout aussi équilibrée avec sa section centrale plus lente. Son instrumentation met particulièrement en évidence les mesures irrégulières, ainsi que le collage de deux thèmes différents dans « Noce ». Les rythmes impairs, les accélérations et les ralentis confèrent à la pièce une grande énergie. En répartissant ainsi les mélodies dans de nouvelles formes, Bartók varie non seulement les modes typiques, mais aussi les tempos et les caractères.

Il n’hésite pas à transposer certaines strophes pour bâtir des structures plus complexes et plus amples, la répétition laissant place à une alternance ou à une tripartition enrichie par les modulations. Les parties instrumentales, déjà importantes dans la version originale pour piano, sont encore plus développées dans la révision, introductions, interludes et codas prenant presque le dessus sur les mélodies originelles tout en en amplifiant la puissance festive. Ce qui explique probablement le succès de ces trois scènes, créées à New York quelques mois avant le cycle complet, lui-même présenté à Budapest au cours de l’année 1927

À réécouter : Béla Bartók
57 min

Compositeur.rice.s

Bela Bartok
Bela Bartok
Béla Bartók
Compositeur

Artistes

Mikko Franck
Chef d'orchestre
Sofi Jeannin
Chef de choeur
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