Bela Bartok
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Béla Bartók : Rhapsodie pour violon et orchestre n° 1 Sz 87 (Ji-Yoon Park/Luigi Gaggero/OPRF Publié le

[FIN DE DROITS] Ji-Yoon Park au violon, Luigi Gaggero au cymbalum et l'Orchestre Philharmonique de Radio France interprètent la Rhapsodie pour violon et orchestre n°1 Sz 87 de Béla Bartók, sous la direction de Barbara Hannigan. Concert filmé le 25 janvier 2019 à l'Auditorium de Radio France à Paris.

Prima Parte (« Lassú »)
Secunda parte (« Friss »)

Pendant l’été 1904, le jeune Béla Bartók s’installe dans le village de Gerlicepuzsta, au vert, pour avancer la composition de sa Rhapsodie pour piano et orchestre, op. 1. C’est là que les chants d’une jeune servante lui révèlent la musique populaire paysanne : un matériau ancestral, méconnu des villes, qui le fascine par ses richesses harmoniques et rythmiques propres. S’éveille ici une vocation ethnomusicologique qui ne cessera qu’à la mort de Bartók, aux États-Unis, quelque quarante ans plus tard. 

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A partir de 1905, le compositeur s’élance sur les routes pour effectuer des collectes régulières de chants traditionnels dans des villages de Transylvanie, de Slovaquie, de Roumanie, de Serbie. Si les expéditions dans les campagnes reculées deviennent impossibles au lendemain de la Première Guerre mondiale, au grand regret de Bartók, la musique populaire n’en continue pas moins de nourrir en profondeur son inspiration et son langage. 

L’influence du folklore est particulièrement sensible dans les deux Rhapsodies pour violon et piano de 1928. Au verbunkos hongrois (danse de recrutement), Bartók emprunte la structure binaire Lassu (lent)/Friss (rapide), un type d’accentuation, des phrasés et des rythmes. Il opte pour un jeu violonistique proche de celui des campagnes : en particulier, quand l’archet marque de façon appuyée les temps forts et les articulations. Six thèmes se succèdent dans la Rhapsodie n°1. Le Friss en enchaîne quatre, tous roumains ; le Lassu en comporte deux : le premier est roumain, le second reprend une vieille complainte hongroise. 

En composant ces Rhapsodies, Bartók ajoute à son répertoire pour violon deux pièces plus faciles d’accès que les deux Sonates écrites en 1922 et 1923. Il destine les Rhapsodies à ses amis Zoltán Székely et József Szigeti, l’un et l’autre comptant parmi les plus prestigieux violonistes hongrois du XXe siècle. Il les laisse choisir : que chacun dise la Rhapsodie qu’il préfère ! Zoltán Székely, alors installé en Hollande, raconte comment un soir, en visite à Budapest chez les Bartók, il opta pour la seconde. Szigeti fut le dédicataire de la première, dont il n'a pas assuré la création dans la version avec piano mais dont il a laissé un enregistrement célèbre : avec Bartók, le 11 avril 1940, lors d’un concert à la Bibliothèque du Congrès de Washington. Dix jours plus tard, les deux musiciens redonnaient l’oeuvre au Carnegie Hall de New York. À la n de ce même mois d’avril, ils enregistraient avec Benny Goodman les célèbres Contrastes que Bartók avait composés un an et demi plus tôt, grâce à l‘intervention de Szigeti, pour le célèbre clarinettiste de jazz américain.

Laetitia Le Guay

1h 58

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Barbara Hannigan
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Ji Yoon PARK
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