Nathalia Milstein ©Radio France
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Beethoven : Sonate pour piano n°27 en mi mineur op. 90

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Beethoven : Sonate pour piano n°27 en mi mineur op. 90 Publié le

La pianiste Nathalia Milstein joue la Sonate pour piano n°27 en mi mineur op.90 composée par Beethoven en 1814 et dédiée au comte Moritz von Lichnowsky.

Quatre années s’écoulent entre l’achèvement de la Sonate n° 26 « Les Adieux » et cette nouvelle partition. Si Beethoven néglige quelque temps le clavier, c’est parce qu’il est occupé par la composition de la musique de scène d’Egmont, du Quatuor n° 11, du Trio avec piano « L’Archiduc », de la Sonate pour violon et piano n° 10 op. 96, des Symphonies n° 7 et n° 8 et de l’opéra Fidelio. Peut-être a-t-il aussi besoin de laisser décanter le domaine du piano avant d’y introduire des innovations.

La Sonate n° 27 fait partie des œuvres peu spectaculaires et sans grande virtuosité, où la nouveauté se niche dans les interstices. Elle ne comporte que deux mouvements, comme les Sonates n° 22 et n° 24. Toutefois, elle place le mouvement le plus lent à la fin. Autre signe de son évolution, Beethoven note les indications de mouvement et d’expression uniquement en allemand, alors qu’il les avait mentionnées dans sa langue maternelle et en italien dans la Sonate « Les Adieux ». Manifestation de fierté nationale au moment où Napoléon Ier est exilé sur l’Île d’Elbe ? On serait tenté de penser que seul l’allemand fournit un équivalent à ce que le compositeur veut traduire en sons. Par exemple, « Empfindung » signifie « sentiment », mais en impliquant le fait d’éprouver, de ressentir ce sentiment.

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En mi mineur, le premier mouvement frappe par son expression tendue, ses contrastes et son matériau thématique abondant, fondé sur des motifs brefs. De nombreux ralentis, silences et points d’orgue provoquent une impression de discontinuité et participent à la dramaturgie de la sonate. Dans la coda, le diminuendo est suivi d’un ralenti. De ce fait, Beethoven évite une opposition trop importante entre les deux volets de la sonate. Aucun conflit ne vient contrarier le lyrisme élégant et délicat du second mouvement, en mi majeur. Son style mélodique, définitivement émancipé du classicisme, semble annoncer Schubert.

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