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Désavoué par la justice, le gouvernement belge rouvre les lieux de culture

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Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Bruxelles contre la fermeture des lieux culturels
Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Bruxelles contre la fermeture des lieux culturels
© AFP - Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY

Le gouvernement belge a fait marche arrière mercredi, après une décision du Conseil d'État. Les théâtres et les salles de spectacle saluent "une belle victoire", mais le maintien d'un seuil maximum de 200 personnes suscite encore l'incompréhension.

Désavoué par la justice, le gouvernement belge a fait marche arrière ce mercredi en rouvrant les salles de spectacle et de cinéma, fermées la semaine dernière pour lutter contre le variant Omicron. Une jauge de 200 personnes, fortement contestée, a toutefois été maintenue. La marche arrière du gouvernement était attendue après la décision mardi du Conseil d'État, saisi en urgence, qui a suspendu la fermeture.

Le gouvernement avait décidé de fermer les théâtres, les salles de spectacle et les cinémas pour au moins deux semaines à compter du 26 décembre, provoquant la rébellion d'une partie du secteur qui avait décidé de braver l'interdit et de maintenir ces lieux ouverts. Plusieurs milliers de personnes avaient manifesté dimanche à Bruxelles pour réclamer le retrait d'une mesure jugée d'autant plus discriminatoire que, dans le même temps, les restaurants et les cafés restaient ouverts.

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"Collectivement, on s'est plantés"

Pour la plus haute juridiction administrative, les autorités n'ont pas démontré "en quoi les salles de spectacle relevant du secteur culturel seraient des lieux particulièrement dangereux pour la santé et la vie des personnes en tant qu'ils favoriseraient la propagation du coronavirus, au point qu'il soit nécessaire d'en ordonner la fermeture". Avant même cet arrêt, le président du parti socialiste, qui appartient à la coalition gouvernementale, avait regretté un faux-pas: "il faut avoir l'humilité de le reconnaître : collectivement, on s'est plantés", avait déclaré lundi Paul Magnette.

Saisi par le producteur d'un spectacle humoristique à Auderghem, en banlieue de Bruxelles, le Conseil d'État ne s'était prononcé que sur les salles de théâtre et de spectacle, pas sur les cinémas. Le gouvernement les a inclus, ainsi que le secteur événementiel, dans sa décision mercredi. En pratique, la Belgique revient aux règles arrêtées le 3 décembre : uniquement des places assises, port du masque obligatoire, pass sanitaire à partir de 50 personnes et un maximum de 200 spectateurs.

"Jauge discriminatoire"

Du côté des théâtres et des salles de spectacles, qui saluent "une belle victoire", le maintien d'un seuil maximum de 200 personnes suscite cependant l'incompréhension. Elle est "discriminatoire car elle s'applique à l'ensemble du secteur sans considérer les caractéristiques des salles", critique Pierre-Arnaud Perrouty, directeur de la Ligue des droits humains, tout en se félicitant que le gouvernement soit revenu sur "une mauvaise décision". Son organisation, avec une dizaine de fédérations de professionnels des arts de la scène, de centres culturels et de producteurs de spectacles, a introduit un recours en urgence devant le Conseil d'Etat, qui sera examiné ce vendredi, pour contester une mesure "disproportionnée", pointant en outre une "absence de justification scientifique".

L'avocat en charge du dossier, Vincent Letellier, va y joindre un recours spécifique sur les jauges : elles posent "un problème de viabilité pour les opérateurs non subventionnés", a-t-il expliqué à l'Agence France Presse, appelant le gouvernement à respecter le principe de proportionnalité "en tenant compte de la capacité des salles". "Pour les opérateurs qui ont de grosses salles, économiquement cela risque d'être impossible", renchérit Philippe Degeneffe, président d'une fédération représentant des petits théâtres, mais aussi de grandes structures comme l'Opéra de Liège.

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