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Dossier Bac Musique 2015 : Jonathan Harvey : Mortuos plango, vivos voco

Cathédrale de Wichester, 603X380
Cathédrale de Wichester, 603X380

Le programme limitatif pour le Baccalauréat musique 2015 option de spécialité série L, inscrit Mortuos plango, vivos voco de Jonathan Harvey dans la direction de travail : la musique, le rythme et le temps.

Mortuos plango, vivos voco est une oeuvre pour sons concrets traités par ordinateur, créée le 30 novembre 1980 dans le cadre du festival de Lille. Il s'agit d'une commande de l'Ircam à l'époque où Jonathan Harvey séjourne à Paris et y travaille en tant que compositeur en résidence, invité par Pierre Boulez.

Fiche technique

Date de composition : 1980
Durée : 9 minutes
Éditeur : Faber Music
Commande: Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Stanley Haynes
Dispositif électronique : sons fixés sur support (ADAT)

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«Cette œuvre reflète mes expériences à la cathédrale de Winchester où mon fils Dominique a été choriste de 1975 à 1980. Elle est fondée sur sa voix et sur celle de la grande cloche ténor. Cette énorme cloche noire d'une puissance surhumaine porte en inscription : Horas avolantes numero mortuos plango : vivos ad preces voco (Je compte les heures qui s'enfuient, je pleure les morts : j'appelle les vivants à la prière). Ce texte est repris par la voix du jeune garçon. La hauteur et la structure temporelle de mon œuvre sont entièrement fondées sur le spectre très riche et harmoniquement irrégulier de la cloche, structure qui n'est ni tonale, ni dodécaphonique, ni modale à la manière occidentale ou orientale mais tout à fait unique.
Les huit sections de l'œuvre reposent chacune sur l'un des huit principaux partiels les plus bas. Les accords sont construits à partir d'un répertoire de 33 partiels ; les modulations entre les différentes zones du spectre sont effectuées par des glissandi.
Des transformations constantes entre le spectre d'une voyelle chantée et celui de la cloche sont réalisées par des manipulations sur les composantes internes des deux sons. Il faut imaginer que les murs de la salle de concerts enserrent le public comme les côtés de la cloche autour de laquelle vole librement l'âme du jeune garçon (cet effet est surtout perceptible dans la version originale huit pistes).»

Jonathan Harvey