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Jazz au Trésor : Shirley Horn, "Embers and Ashes"

Shirley Horn
Shirley Horn
© Getty - Frans Schellekens

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition chez Fresh Sound du tout premier album de la chanteuse et pianiste Shirley Horn, en 1960 : "Embers and Ashes".

Les débuts de Shirley Horn dans « Embers and Ashes » en 1960, étaient une rareté. L’album avait déjà été réédité en CD, mais jamais encore en stéréo. Sa publication aujourd’hui par Fresh Sound, associée à « Where Are You Going » de 1972, sous le titre parfait « Songs of Lost Love Sung by Shirley Horn » est donc plus que bienvenue.

Shirley Horn (1934-2005) était une pianiste accomplie qui chantait avec un naturel stupéfiant, comme si elle vous recevait dans son salon, à la différence des vocalistes qui « jouent » à la chanteuse de jazz. Shirley Horn a chanté comme Shirley Horn et personne d'autre. Il n'y a pas de maniérismes empruntés à d'autres chanteurs, pas de faux semblant ou de recours au cliché. Son contrôle du vibrato était suffisant pour la rendre exceptionnelle, mais son approche d'une jolie chanson était mature. Comme l'une des chanteuses les plus musicales du métier : elle a embrassé la mélodie, sans contrainte ni chichi et son chant était sans prétention et plein de grâce. Et quelle interprète : à chaque chanson elle semble raconter une histoire vécue, s’accompagnant elle-même au piano, comme aucun autre pianiste ne parviendra à le faire avec la même sobriété, les rares fois où elle eut recours à quelqu’un d’autre. On peut se rendre compte de la délicatesse de la pianiste sur le seul standard où elle ne chante pas, Softly As in a Morning Sunrise

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Dans les notes de pochette de l’album original, sorti sur le label confidentiel Stere-O-Craft, Mort Fega remarque très justement : « C'est un fait généralement admis que la chose la plus difficile à assumer, et à bien exprimer, est une mélodie à un tempo lent, que ce soit sur le plan vocal ou instrumental. A ce tempo, voyez-vous, on ne peut "tromper personne", c'est-à-dire que la moindre absence d'intonation devient immédiatement perceptible, même pour l'auditeur profane. Shirley a choisi d’interpréter sept des onze vocaux de cet album à un tempo délibérément plus que lent, sûre que vous reconnaîtrez sa musicalité exceptionnelle. »

Coup de maître pour un premier jet !

  • Softly As in a Morning Sunrise
  • Like Someone in Love
  • He Never Mentioned
  • God Bless the Child
  • If I Should Lose You

Shirley Horn (voix, piano)
Joe Benjamin (contrebasse)
Herb Lovelle (batterie)
Enregistré à New York, 1960