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Jazz Bonus : Simon Goubert - Le matin des ombres

Simon Goubert
Simon Goubert
- ©Virginie Crouail

Le nouvel opus de Simon Goubert, “Le matin des ombres” qui paraît chez Pee Wee ! le 30 septembre, est une véritable invention, bien loin d’un exercice de style ou d’un étalage de virtuosité. Une œuvre de grande architecture, inspirée librement par le compositeur Ivan Wyshnegradsky.

Dans l’univers du jazz et des musiques improvisées, Simon Goubert est un des plus précieux trésors que nous ayons en Europe. Son parcours est celui d’un artiste libre, travailleur, exigeant, en perpétuelle recherche de nouvelles voies. Sa capacité à vivre en fantaisie, en poésie, à se promener d’audaces en audaces, donne des ressorts très profonds à sa création. Sans forcer le trait, Simon Goubert continue à être en marge des formats et des canons habituels de l’industrie musicale.

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Au début du 20ème siècle, Ivan Wyshnegradsky cherche à rompre avec le système traditionnel des intervalles pour atteindre un espace sonore où les intervalles de plus en plus resserrés tendent vers une densité illimitée. Pour donner vie à cette musique, il conçoit un univers sonore en micro-intervalles (intervalles inférieurs au demi-ton chromatique) : en quarts de ton, puis en tiers, sixième et douzième de ton.

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Avec le souvenir de ces sons inouïs produits par les pianos d’Ivan Wyshnegradsky accordés au 1/4 de ton, Simon Goubert donne ici à ses batteries des capacités de récit inédites. Chaque fût, chaque élément, savamment accordé, se trouve utilisé dans la création d’un chant somptueux où s’entremêlent mélodies claires et battements harmoniques complexes.

Le matin des ombres” est un florilège de textures, d’ambiances parfois orchestrales, ou tribales, sans restrictions dynamiques. On y entend les multiples facettes de son drumming unique et la clarté de son propos de compositeur. Batteur tour à tour surpuissant, dans la veine d’Art Blakey ou Elvin Jones, il y est également au sommet de son art des couleurs et des transitions fluides. Ici, tout est intentionné, conduit, réfléchi autant que dicté par un instinct et une passion hors normes. Dans la lignée du “Drums unlimited” de Max Roach ou plus récemment des œuvres de Hari Hoenig ou Billy Martin, “Le matin des ombres” contribuera à donner à la batterie de nouvelles lettres de noblesse

Entamée avec l’album solo de Sophia Domancich “le grand jour” (mai 2021), poursuivi avec son album en duo avec Simon Goubert “Twofold Head” (octobre 2021), “Le matin des ombre”s (septembre 2022) est le dernier volet d’une trilogie imaginée avec le label PeeWee !, consacrée à deux musiciens emblématiques de la création contemporaine.
(extrait du communiqué de presse)

À écouter dans l'émission sur Obradović - Tixier : Obradović - Tixier, journal du temps passé
54 min