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Jazz Culture : "Monk Pannonica, une histoire américaine" de Jacques Goldstein

Thelonious Monk
Thelonious Monk
- CFRT - A_BAHN-ARTE G. E.I E. - dessin Nicolas Debray

Comment, dans une Amérique ségrégationniste, la baronne Pannonica de Koenigswarter a accompagné Thelonious Monk et d’autres musiciens de jazz dans leur combat pour imposer leur art. L’histoire d’une fructueuse rencontre. Le 1er mai sur Arte.

Quand elle croise l’étrange musique de Thelonious Monk salle Pleyel, à Paris, en 1954, Pannonica de Koenigswarter est aussitôt happée par son génie et sa radicale liberté. Épouse d’ambassadeur, la baronne, née Rothschild, ancienne pilote et résistante, va tout quitter pour accompagner à New York la "révolution" du pianiste et l’installer, avec le be-bop, sur la scène internationale. Dans l’Amérique ségrégationniste des années 1950, le jazz est méprisé, et Monk est interdit de club après une arrestation pour détention de drogue. Nica" les aide et les héberge dans sa suite d’hôtel où Charlie Parker mourra dans un éclat de rire – puis dans sa maison du New Jersey. Dans un carnet de cuir rouge, elle consigne aussi les portraits de ses amis jazzmans, de Charles Mingus à Miles Davis en passant par John Coltrane, saisis sur le vif avec un Polaroid, qu’elle documente de trois vœux recueillis auprès de chacun d’eux. Photos et textes composent alors l’album simple et sensible d’une génération d’artistes en lutte, qui se retrouvent au Five Spot pour de légendaires jam-sessions.

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Au fil d’archives, photos et concerts, de contributions de musiciens – Archie Shepp, William Parker, Wadada Leo Smith, Roy Nathanson… – et d’éclairages (Laurent de Wilde, le biographe de Monk), le réalisateur Jacques Goldstein raconte ce combat, artistique et politique, en s’appuyant sur les émouvants trésors du carnet rouge de la baronne, retrouvé par sa petite-fille et édité en fac-similé en 2006. L’amitié entre Pannonica et l’insaisissable pianiste, dont le film esquisse le portrait, nourri par le témoignage de son fils, retrace ainsi l’épopée créative de ces musiciens noirs pour résister à la violence sociale, inventer le jazz et l’imposer comme un art majeur. 
(extrait du communiqué de presse)

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Documentaire de Jacques Goldstein (France/Luxembourg, 2021, 54mn) - Coproduction : ARTE GEIE, CFRT, A_Bahn

Sur Arte le 01 mai à 23h50 et sur Arte.tv jusqu’au 30 mai.

À écouter dans l'émission sur Trombone Shorty : Trombone Shorty, La Nouvelle Orléans en version funky