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La plainte pour agressions sexuelles de la soprano Chloé Briot classée sans suite

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Chloé Briot avait déposé plainte en 2020 pour des agressions sexuelles répétées de la part d'un collègue chanteur
Chloé Briot avait déposé plainte en 2020 pour des agressions sexuelles répétées de la part d'un collègue chanteur
- Nathalie Guyon

La plainte déposée par le mis en cause pour "dénonciations calomnieuses" à l'encontre de la chanteuse a également été classée sans suite, a annoncé ce mardi le procureur de Besançon.

La plainte pour agressions sexuelles déposée par la soprano française Chloé Briot contre un collègue chanteur, qui avait porté le mouvement #MeToo dans le domaine de la musique en 2020, a été classée sans suite, a annoncé ce mardi le procureur de Besançon. La plainte miroir déposée par le mis en cause pour "dénonciations calomnieuses" à l'encontre de la chanteuse a également été classée sans suite, a précisé le procureur Étienne Manteaux lors d'une conférence de presse.

Le baryton devait "interpréter des scènes d'amour dans un souci d'hyper réalisme, sous le contrôle permanent du metteur en scène, avec une partenaire qui à aucun moment ne lui a fait part de son malaise dans l'interprétation de ces deux scènes de rapports sexuels", relève le magistrat. Or, "il n'a pas été démontré pendant l'enquête que monsieur avait conscience que son jeu d'acteur avait progressivement généré un ressenti aussi douloureux chez sa partenaire", a-t-il expliqué, soulignant l'absence d'une "intention coupable chez le mis en cause". M. Manteaux a également estimé que "le changement radical (du chanteur) dans l'interprétation des deux scènes à partir de l'évolution des consignes du metteur en scène" , auquel la soprano avait confié son ressenti, "est un gage de sa bonne foi" .

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La soprano Chloé Briot, 34 ans, avait déposé plainte en 2020 pour des agressions sexuelles répétées de la part d'un collègue chanteur. Les faits dénoncés se sont déroulés sur scène, toujours en présence de témoins, en 2018 lors de l'opéra Le roi carotte, à Lille, puis en 2020 aux opéras de Rennes et de Nantes, lors du spectacle L'inondation, de Joël Pommerat. Une enquête préliminaire a été ouverte le 15 mai 2020 par le parquet de Besançon, celui-ci étant compétent car le baryton était domicilié sur son ressort. L'antenne de la PJ de Besançon, la PJ de Rennes et l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) avaient été saisis. Le ministère de la Culture avait procédé à un signalement auprès du procureur de la République, dans le prolongement de cette plainte.

"Gage de bonne foi" du chanteur selon le procureur

La chanteuse avait médiatisé l'affaire dans un entretien à La lettre du musicien, affirmant que son partenaire "agissait toujours au-delà du cadre des propositions du metteur en scène". Lors de l'enquête elle a au contraire reconnu que le metteur en scène ne leur avait pas donné de scénographie claire sur les scènes de simulations de rapports sexuelles, selon le procureur. Dès qu'elle avait informé Joël Pommerat de son ressenti concernant le jeu du baryton, le metteur en scène avait "recadré" celui-ci, qui avait immédiatement cessé de lui saisir les fesses pendant les scènes de sexe, en "prenant conscience du malaise de sa partenaire", note M. Manteaux.

Le magistrat a estimé que "le changement radical" du chanteur dans son interprétation à partir de l'évolution des consignes du metteur en scène "est un gage de sa bonne foi". Cette procédure "laisse l'impression d'un grand gâchis compte tenu de la souffrance ressentie par madame Briot", qui a reçu trois jours d'interruption temporaire de travail pour des symptômes post-traumatiques, et "l'incompréhension de monsieur, qui a vu sa carrière de 20 ans de scène compromise suite à cette affaire", constate le procureur. Le chanteur s'est depuis reconverti pour devenir aide-soignant en Ehpad.

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