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Le répertoire des orchestres américains est de plus en plus divers selon une étude

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Fin 2021, le Met avait programmé pour la première fois un opéra composé par un musicien afro-américain : "Fire Shut Up In My Bones" de Terence Blanchard
Fin 2021, le Met avait programmé pour la première fois un opéra composé par un musicien afro-américain : "Fire Shut Up In My Bones" de Terence Blanchard
© AFP - TIMOTHY A. CLARY

Même si elles restent minoritaires, les œuvres de compositeurs vivants et de compositrices ont beaucoup gagné en visibilité dans les orchestres américains ces six dernières années, selon des universitaires américains.

Des programmations plus diversifiées et féminisées dans les orchestres américains, qui laissent davantage de place aux compositeurs vivants. Telles sont les conclusions d'une étude menée par l'Institute for Composer Diversity, dont les résultats ont été publiés la semaine dernière. Les travaux ont été supervisés par Rob Deemer et Cory Meals, respectivement professeurs à l'Université d'État de New-York et à l'Université de Houston.

Les compositrices ont ainsi considérablement gagné en visibilité aux États-Unis ces six dernières années. En 2015-2016, seul 1,6% des œuvres programmées par les orchestres américains avaient été écrites par des femmes. Pour la saison 2021-2022, cette proportion atteint les 11,7%. Même tendance pour les œuvres de "compositeurs de couleur" ("composers of color") : elles représentaient 3,2% du répertoire orchestral américain en 2015-2016, contre 16,8% durant la saison 2021-2022. Une évolution encore plus marquante lorsque l'on observe uniquement les œuvres composées par des femmes de couleur, qui occupent 6,1% du répertoire actuel contre seulement 0,4% il y a 6 ans.

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Les compositeurs vivants de plus en plus valorisés

Autre tendance notable : les compositeurs vivants sont de plus en plus programmés dans les formations orchestrales américaines (11,7% en 2015, 21,8% en 2022). Cela se traduit mathématiquement par une baisse proportionnelle des œuvres de compositeurs décédés. Le trio Beethoven-Mozart-Tchaïkovski notamment - les compositeurs les plus joués aux États-Unis - en pâtit. "Cela étant, le répertoire des compositeurs blancs décédés représente toujours deux tiers des œuvres programmées dans la saison 2021-2022", soulignent les auteurs de l'étude.

Les universitaires américains qui s'interrogent néanmoins : "La programmation de la saison 2021-2022 s'explique-t-elle par des pressions sociales et cette évolution s'inscrira-t-elle sur le long terme ?" Et se posent la question : "Comment les orchestres peuvent-ils aller vers un modèle plus équitable, qui élève la programmation de groupes historiquement exclus à des niveaux appropriés ?" Avant de se livrer à une série de "suggestions" envers les orchestres pour intégrer davantage ces groupes, comme des "pourcentages minimums".

À l'Orchestre symphonique de Dallas, notamment, ces préoccupations sont déjà prises en compte. "Nous avons mis en place une initiative pour les femmes compositrices, car elles n'avaient pas beaucoup de commandes ici aux États-Unis", nous indiquait ainsi Kim Noltemy, la présidente de l'ensemble. "Et nous vivons dans une ville où 22% des habitants sont Noirs et 44% latinos : il est donc important de jouer de la musique de compositeurs issus de ces communautés."

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