Légende : Le Requiem Civil, composé par Lise Borel et chanté par l'ensemble Aedes, a été interprété dans les Catacombes de Paris.
Légende : Le Requiem Civil, composé par Lise Borel et chanté par l'ensemble Aedes, a été interprété dans les Catacombes de Paris.

Le Requiem Civil, œuvre universelle d’adieux

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Le Requiem Civil, forme inédite d'hommage aux défunts

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Un requiem accessible à tous. C’est le pari fait par la compositrice Lise Borel et la librettiste Cécile Borel : créer une forme musicale inédite, destinée à une cérémonie funéraire pour une audience croyante ou sans confession. L’ensemble Aedes l’a interprété dans les Catacombes de Paris.

Une “messe pour les morts”. Un requiem, par définition, fait partie de la liturgie catholique. Il est destiné au repos de l’âme d’une ou de plusieurs personnes décédées et consiste en une mise en musique d'une messe célébrée lors de funérailles. L’aspect profane de ce Requiem Civil, qui oscille entre tradition et modernité, est donc marquant mais également cohérent avec une tendance qui s’observe depuis plusieurs décennies : l’augmentation du nombre de cérémonies funéraires civiles, qui représentent de nos jours un tiers des obsèques en France.

Lise Borel, la compositrice du Requiem Civil, explique cet aspect double par une ouverture à l’altérité du geste religieux : “Ce requiem-là est unique parce qu'il se dit civil, c'est-à-dire qu'il va ôter toute connotation religieuse au sacré. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas. C'est-à-dire que tout le monde va pouvoir y trouver son contentement.”

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L’ouverture à tous par l’anglais

À la demande de la fondation RocEclerc, Lise Borel s’est donc attelée pendant près de deux ans à la création d’une œuvre innovante. Elle a travaillé avec sa mère, Cécile Borel, librettiste de ce Requiem Civil. Afin d’apporter une dimension différente au poids des mots chantés par le chœur, cette dernière a écrit les paroles du requiem en anglais : “Le fait d'écrire en anglais permet d'attraper au vol quelques mots qu'on peut comprendre et de laisser quand même la personne tranquille dans ses propres pensées.” Ce choix a également été motivé par les inspirations poétiques de Cécile Borel, entre John Keats et William Shakespeare : “L'anglais propose quelque chose de plus aérien, de plus rythmé, de plus mélodieux que des paroles en français qui auraient peut-être été un petit peu abruptes, un peu intrusives.”

Le tout est interprété par le chœur de l’ensemble Aedes, dont la particularité réside dans son répertoire éclectique, comme le souligne son directeur artistique, Mathieu Romano : "C’est un ensemble assez versatile. On fait tout autant de la musique baroque que de la musique contemporaine, qu'elle soit religieuse, profane ou que cela soit de l'opéra”.

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Le défi du chant dans les catacombes

Incarner une pièce aussi originale n’a donc pas de secret pour cet ensemble, si ce n’est le lieu atypique dans lequel le requiem est chanté, le 31 octobre : les Catacombes de Paris. "Les défis que ça pose, c'est que c'est quand même assez humide, il fait assez froid. Donc pour la voix, ce n'est pas évident. Mais bizarrement, l'acoustique est plutôt bonne. C'est très bas de plafond, avec évidemment beaucoup d'os de chaque côté, mais ça sonne très bien”, décrit Mathieu Romano.

"Je me suis rendu compte que c'était un endroit très serein, très simple et qui accompagne justement ce désir de simplicité et de naturel que l'œuvre propose.” Pour Lise Borel, la compositrice, les Catacombes étaient l’endroit parfait pour donner vie à ce requiem, qu’elle résume en une phrase : “Memento mori*, qui veut dire “souviens-toi que tu meurs”. C'est* “souviens-toi que tu vis et que tu dois goûter tous ces fruits de la vie.” La mort est là mais elle n’est pas la contradiction de la vie. C'est une chose réjouissante.”