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" Le Stradivarius de Goebbels " de Yoann Iacono - Sélection du Prix du Livre France Musique-Claude Samuel 2022

Couverture du livre " Le Stradivarius de Goebbels " de Yoann Iacono.  Slatkine & Cie.
Couverture du livre " Le Stradivarius de Goebbels " de Yoann Iacono.  Slatkine & Cie.

Sélectionné pour le Prix du Livre France Musique-Claude Samuel 2022, " Le Stradivarius de Goebbels " de Yoann Iacono est publié chez Slatkine & Cie.

Le Prix du Livre France Musique-Claude Samuel a retenu cet ouvrage pour La Sélection 2022 :

Le livre

Le roman vrai de Nejiko Suwa, jeune virtuose japonaise à qui Joseph Goebbels offre un Stradivarius à Berlin en 1943, au nom du rapprochement entre l’Allemagne nazie et l’Empire du Japon. Le violon a été spolié à Lazare Braun, un musicien juif assassiné par les nazis. Nejiko n’arrive d’abord pas à se servir de l’instrument. Le violon a une âme. Son histoire la hante. Après-guerre, Félix Sitterlin, le narrateur, musicien de la brigade de musique des Gardiens de la Paix de Paris est chargé par les autorités de la France Libre de reconstituer l’histoire du Stradivarius confisqué. Il rencontre Nejiko Suwa qui finit par lui confier son journal intime.

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L'auteur

Yoann Iacono est né en 1980 à Bordeaux_,_ diplômé en lettres supérieures, de l'Institut d'Etudes Politiques de Toulouse et de l'Institut National des Etudes Territoriales à Strasbourg, haut-fonctionnaire et conseiller politique, il a travaillé pour d'anciens ministres.
Yoann Iacono a enquêté trois ans en France, en Allemagne et au Japon sur la personnalité trouble de Nejiko Suwa. 

3 questions à Yoann Iacono :

  • Quelle est la place de cet ouvrage dans votre carrière ?

Le Stradivarius de Goebbels est mon premier roman.

Je séjournai chez des amis musiciens à Tokyo en 2012 quand la violoniste Nejiko Suwa est décédée. C’est à cette occasion que j’ai découvert son histoire étonnante qui s’inscrivait dans celle, plus large, de la spoliation des instruments de musique dans l’Europe occupée par les nazis.
J’ai passé plus de quatre années à enquêter, suivant sa trace en France, en Allemagne, aux Etats-Unis et, bien-sûr, au Japon…
Le choix du roman s’est imposé à moi quand, un jour, je me suis rendu compte que j’étais dans une impasse : plus j’accumulais des documents et des archives sur elle, moins je parvenais à percer le mystère de sa personnalité. J’ai eu alors cette conviction que seul le roman me permettrait de toucher la vérité.
J’ai basculé d’une approche documentée et journalistique à une approche plus « sensible » qui correspondait bien à l’univers musical de cette histoire. C’est à ce moment que j’ai consacré des soirées entières à écouter ses enregistrements musicaux. Cela a été un déclic : j’ai eu le sentiment de la découvrir véritablement au travers de sa musique davantage qu’en quatre années d’enquête.

  • Qu’avez-vous cherché à montrer avec cet ouvrage ?

Mon ambition était de rentrer dans l’intimité et la psychologie de cette jeune femme à qui Joseph Goebbels avait offert un Stradivarius volé à un musicien juif. Au lieu de me désespérer qu’elle ne soit plus en vie pour l’interroger, le roman m’offrait la possibilité de la faire revivre.

Cette histoire m’a aussi permis d’explorer la question passionnante des rapports entre art et politique. La notion de « symbole » en politique est déterminante, et ce cadeau fait par Goebbels à Nejiko Suwa - alors qu’elle n’avait que seize ans - visait sans doute moins à saluer son talent artistique que l’osmose idéologique entre l’Allemagne nazie et l’Empire du Japon. Nejiko Suwa a ensuite intégré l’orchestre philarmonique de Berlin sous la direction de Furtwängler lequel a également eu à se justifier de ses choix après la guerre.

Je dirai enfin que ce qui m’a tenu le plus à cœur dans ce roman c’était de porter à la connaissance du plus grand nombre l’histoire de la spoliation des instruments de musique par les nazis. Un jour j’ai reçu un appel de Pascale Bernheim, historienne et fondatrice de l’association Musique et Spoliation en charge de restituer les instruments de musique spoliés à leurs anciens propriétaires. Elle m’a dit : « voilà le roman qu’on attendait pour médiatiser notre cause ». Voilà ma plus belle récompense.

  • Quels sont vos prochains projets ?

Aujourd’hui nous travaillons sur les lancements étrangers de ce roman avec mon éditeur notamment en Italie, en Espagne et en Roumanie. Ce roman sortira aussi en édition de poche en novembre 2022 en France aux éditions J’ai Lu.
Avec la société de production Sunday Films qui a racheté les droits, nous sommes également sur un projet d’adaptation cinématographique. Le producteur souhaiterait une approche assez originale et démarche Sofia Coppola pour le réaliser : elle habite actuellement Paris et son mari est musicien.
S’agissant de l’écriture, j’ai commencé un second roman. Il poursuivra ma réflexion sur les rapports entre art et politique, ou du moins sur l’instrumentalisation de l’art par le politique. Même si mon éditeur m’interdit de trop en dire à ce stade, je peux malgré tout vous révéler qu’il porte sur une figure de la littérature russe, un poète révolutionnaire au destin assez tragique. Mais ce qui m’intéresse chez lui c’est sa modernité et la résonnance de son œuvre aujourd’hui.