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Manon Galy, révélation des Victoires de la musique classique 2022

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Manon Galy, révélation des Victoires de la musique classique 2022
Manon Galy, révélation des Victoires de la musique classique 2022
- ©Jean-Baptiste Millot

Rencontre avec la violoniste Manon Galy, nommée dans la catégorie “Soliste instrumental” des Victoires de la musique classique 2022.

Manon Galy est une violoniste nommée dans la catégorie “Soliste instrumental” des Victoires de la musique classique 2022. Actuellement, elle termine sa formation auprès de la violoniste Julia Fischer à Munich après avoir étudié au CNSM de Paris. Elle se produit en soliste avec différents orchestres mais joue également de la musique de chambre avec son ensemble, le Trio Zeliha. Nous l'avons rencontrée lors des répétitions au Studio 104 de la Maison de la Radio et de la Musique, vendredi 14 janvier.

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Comment avez-vous découvert le violon ?

Je ne viens pas d’une famille de musiciens mais ma mère était mélomane et tenait à ce qu’on fasse de la musique. J’ai découvert le violon à l’école, une violoniste était venue présenter son instrument, et c’est ce qui m’a donné l’envie d’en jouer. J’avais fait un peu de piano avant, mais quand j’ai choisi le violon, ça n’a plus bougé.

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Ensuite, j’ai eu beaucoup de chance, j’ai été bien orientée par les bonnes personnes parce que ma famille ne connaissait pas du tout le système des conservatoires. J’ai commencé dans une petite école de musique dans le sud de la France et ensuite je suis entrée au conservatoire de Toulouse à neuf ans. Mon professeur m’a alors fait rencontrer Suzanne Gessner qui était professeure à Paris et je suis entrée au CRR de Paris à 14 ans, puis à 16 ans au CNSM de Paris. Et aujourd’hui, j’avais envie d’aller à l’étranger, je termine mes études à Munich dans la classe de Julia Fischer.

Vous vous êtes donc retrouvée très tôt indépendante ?

A 14 ans, j’ai été déscolarisée et je faisais des allers-retours entre Toulouse et Paris en avion, même si j’ai eu une dérogation pour faire certaines matières au conservatoire de Toulouse. Je devais gérer seule mes cours avec le CNED, c’était vraiment difficile. Et quand je suis entrée au CNSM, je suis allée vivre seule à Paris et c’était quand même dur.

Quand je suis partie, mon père avait un peu peur, n’y connaissant rien, mais ma mère avait confiance. Mes professeurs, dont j’étais proche, m’ont aussi beaucoup poussée mais moi aussi, j’étais sûr de moi, j’étais heureuse de faire du violon.

Qu’est-ce qui vous a décidé à en faire votre métier ?

Petite, j’hésitais entre maîtresse et violoniste, mais je ne me souviens même pas m’être posée la question, comme si ça avait toujours été une évidence. Au cours de mes années au CNSM, j’ai eu des moments difficiles parce que je manquais de confiance en moi. On arrive au Conservatoire, on pense avoir réussi mais en réalité, il y a tout à faire et en même temps je devais passer mon bac. Je ne faisais que travailler et j’étais très fatiguée. J’ai mis du temps à m’en remettre, même physiquement. Mais c’est à ce moment que je me suis rendue compte que je ne voulais pas faire autre chose que du violon, et, quand j’en ai pris conscience, j’ai retrouvé de la confiance.

Comment travaillez-vous votre instrument ?

Quand on commence à donner plus de concerts, on a moins de temps pour travaille. On est peut-être plus efficace, mais on prend aussi des petits défauts, des automatismes et c’est très difficile de s’en défaire. Mes cours avec Julia Fischer me permettent de remettre les pendules à l’heure, et c’est important. Récemment, j’ai eu deux semaines sans aucun projet, ce qui ne m’arrive plus, et j’en ai profité pour prendre le temps de travailler sainement, notamment ma posture.

Pour tous les musiciens, la façon dont on se tient, c’est le  garant d’une bonne santé physique comme pour des sportifs de haut niveau. Les gens qui ne font pas de musique ne peuvent pas se rendre compte à quel point c’est fatiguant de jouer longtemps, de tenir tout un concert. Le violon est un instrument qui est particulièrement ingrat dans la manière dont il se tient car rien n’est naturel. Pour réussir à trouver un relâchement dans cette position, c’est un travail de tous les jours. Pour moi, ça nécessite aussi une vraie hygiène de vie. Je fais du sport, des étirements, je bois beaucoup d’eau, je mange bien… Dès que je n’ai pas cette hygiène de vie, les douleurs reviennent très vite.

Avez-vous un rêve comme musicienne ?

J’ai un rêve qui va se réaliser bientôt : je vais jouer le triple concerto de Beethoven avec mon trio, le trio Zeliha, au Grand Théâtre de Provence et je vais aussi le jouer à la KonzertHaus de Vienne avec l’Orchestre de chambre de Vienne. J’adore cette œuvre. J’aimerais aussi jouer le concerto pour violon de Beethoven, parce que c’est une musique que je place au-dessus de tout.

J’ai aussi créé un spectacle avec une amie danseuse avec pour projet de mêler les arts, dans le cadre de mon diplôme au CNSM. En tant qu’interprète, on suit les notes de la partition et on n’a pas l’habitude de créer comme ça, de devoir inventer quelque chose qui n’existe pas. Pour mon amie danseuse c'était naturel, mais pour moi, de me retrouver à cette place-là, c’était très enrichissant même si un peu effrayant. Il n’y avait plus vraiment une musicienne et une danseuse. J’aimerais bien réitérer ce genre d’expérience.

Qu'est-ce que ça changerait pour vous d'obtenir cette Victoire de la musique ?

On m’aurait dit que je serais nommée il y a deux ans, je n’y aurais pas cru. De voir que les efforts payent, ça fait du bien. D’avoir cette publicité d’un coup, c’est un peu vertigineux mais c’est aussi une vraie chance de pouvoir partager avec un plus grand nombre. Car on fait de la musique pour transmettre des émotions aux gens, c’est ça qu’on aime.

Est-ce qu’à votre tour vous faites des interventions dans des écoles ?

J’enseigne dans une école de musique, et je fais des interventions dans des écoles qui sont classées Zep. Ce sont des enfants qui n’ont pas forcément accès à la culture. Ça me tient vraiment à cœur de faire découvrir l’instrument. Et les enfants sont tellement réceptifs, il y en a beaucoup qui ne savent pas ce qu’est un piano ou un violon mais ils sont émerveillés et ça leur donne envie de faire de la musique, de découvrir autre chose.

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