Sortie d'atelier au Centre Pompidou durant le festival ManiFeste de l'Ircam
Sortie d'atelier au Centre Pompidou durant le festival ManiFeste de l'Ircam
Sortie d'atelier au Centre Pompidou durant le festival ManiFeste de l'Ircam - Ircam - Centre Pompidou - Quentin Chevrier
Sortie d'atelier au Centre Pompidou durant le festival ManiFeste de l'Ircam - Ircam - Centre Pompidou - Quentin Chevrier
Sortie d'atelier au Centre Pompidou durant le festival ManiFeste de l'Ircam - Ircam - Centre Pompidou - Quentin Chevrier
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Résumé

Dix jours après la publication d'une tribune du compositeur Raphaël Cendo qui s'insurgeait contre "l'état de mort cérébrale" dans laquelle se trouve, selon lui, la musique contemporaine aujourd'hui, le directeur de l'Ircam Frank Madlener a souhaité répondre à cette critique à notre micro.

avec :

Frank Madlener (Directeur de l'IRCAM).

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"C’est un système passéiste qui ne peut plus correspondre aujourd’hui". Raphaël Cendo évoquait il y a tout juste une semaine au micro de Jean-Baptiste Urbain la "part maudite" de l’Ircam (L’Institut de recherche et coordination acoustique/musique) fondé par Pierre Boulez, et qui serait en partie responsable de "l’état de mort cérébrale" dans lequel se trouve actuellement la musique contemporaine en France : "l’Ircam participe à la reproduction d'un système créé dans les années 70 et qui ne peut plus marcher en 2022 " nous confiait ainsi le compositeur qui vit aujourd'hui en Allemagne, après la publication de sa tribune dans Le Monde.

Frank Madlener, directeur de l'Ircam depuis 2006, a souhaité répondre à Raphaël Cendo qu'il connait bien, et qui appartient, nous rappelle-t-il, à une génération de musiciens repérés et promus par son institution dans les années 2000 : "il n'y pas vraiment de polémique, car il n'y a pas d'adversaire !" Si notre invité estime plutôt sain pour un artiste de  s'émanciper de son berceau d'origine, il se demande pourquoi ce dernier cherche à tout prix à transformer son départ pour Berlin en "exil culurel", "et pourquoi surtout vouloir s'adresser à la jeune génération de notre pays, dont la création sombrerait dans l'académisme ?" Car pour lui, cette jeune génération de compositeurs n'a pas attendu la tribune de Raphaël Cendo pour intégrer des sources musicales diverses dans ses compositions, comme les musiques du passé ou la culture pop. Mais Frank Madlener déplore en revanche le peu d'attention que lui accordent le monde philharmonique, les médias et plus généralement le monde patrimonial.

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"Cendo a agité un fanion très souvent utilisé : Boulez = Ircam = institutionnalisation, tout simplement pour se faire entendre, à défaut de faire entendre sa musique."

Le directeur de l'Ircam reproche également à Raphaël Cendo d'avoir une vision caricaturale des différences entre l'Allemagne et la France : "on nous annonce que la France est plus jacobine, pyramidale, centralisatrice, et que l'Allemagne est plus multiple et plus bienveillante pour ses foyers musicaux. En effet, il y a des dizaines d'orchestres et d'opéras en Allemagne, mais sous cette diversité de communautés certains festivals ne s'adressent plus qu'aux compositeurs, ils ont renoncé à se tourner vers l'extérieur." Et de rappeler que ce n'est précisément pas le cas pour les festivals de musique contemporaine en France comme le festival Présences à Radio France, Musica à Strasbourg ou Manifeste à l'Ircam et au Centre Pompidou." Pour Frank Madlener, l'essentiel est que "l'imaginaire individuel de l'artiste puisse rencontrer l'imaginaire collectif du public". Et pour cela il faut la musique puisse être présente dans tous les espaces possibles, en plus des salles de concert : les musées, l'espace public, les scènes lyriques... "L'espace retrouvé peut redonner une fonction vitale au phénomène de la musique ."

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