Le 19 janvier, toutes les organisations syndicales ont appelé à faire grève contre la réforme des retraites et la menace des régimes spéciaux
Le 19 janvier, toutes les organisations syndicales ont appelé à faire grève contre la réforme des retraites et la menace des régimes spéciaux ©AFP - OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Le 19 janvier, toutes les organisations syndicales ont appelé à faire grève contre la réforme des retraites et la menace des régimes spéciaux ©AFP - OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Le 19 janvier, toutes les organisations syndicales ont appelé à faire grève contre la réforme des retraites et la menace des régimes spéciaux ©AFP - OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
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La mobilisation contre la réforme des retraites du 19 janvier a été d’une grande ampleur. Mais en quoi ces nouvelles mesures menacent-elles les régimes spéciaux des artistes-auteurs ? Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT des syndicats du spectacle, nous donne son point de vue.

Avec
  • Denis Gravouil Secrétaire général de la Fédération nationale CGT des syndicats du spectacle

Pour la première fois depuis longtemps, les huit organisations syndicales ont appelé à faire grève le 19 janvier contre la réforme des retraites annoncée par le gouvernement. Cette mobilisation très suivie, a réuni entre 1 et 3 millions de manifestants partout en France, accompagnée d'un fort taux de grévistes. Mais en quoi ces nouvelles mesures menacent-elle les régimes spéciaux des artistes-auteurs ?

Ces régimes spéciaux ont été créés spécialement pour l'Opéra de Paris et la Comédie-Française, avec des spécificités : "Ce régime de retraite a été créé bien avant le régime des retraites en 1945. Et par exemple pour l'Opéra de Paris, les danseurs ont une retraite à 42 ans. Mais bien sûr, ils ont une autre vie après, car on imagine mal des gens sur scène danser Le Lac des cygnes à 60 ou 64 ans. Donc la question, c'est effectivement de prendre en compte la pénibilité pour tous les danseurs et danseuses, quel que soit le ballet et d'ailleurs, quelle que soit leur situation. C'est une question considérable. On commence à danser très jeune. C'est un travail très athlétique. Et puis il y a tous les travailleur.euses de nuit aussi, les technicien.nes. Et c'est à peu près pareil pour la Comédie-Française, fondé sous la royauté pour Molière. Comme pour les électriciens gaziers, des choses ont été acquises à un moment. Ça devrait être la norme pour tout le monde plutôt qu'un nivellement par le bas."

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Dans son livre  682 jours, Roselyne Bachelot, parle de l'opéra comme une cocotte-minute prête à exploser. Elle y déclare que contrairement à elle, Emmanuel Macron ne serait pas favorable au maintien de ces régimes spéciaux. Sont-ils réellement menacés aujourd'hui ? La réforme des retraites présentée par la Première Ministre reste sur ce point très évasive, Denis Gravouil en conclue que "quand c’est flou, il y a un loup ! On a aucune garantie, même avec une préservation du régime, qu'il y aura un report au dessus de l'âge de la retraite."

Ces questions sur les régimes spéciaux incluent également les problématiques autour de l'intermittence. De nombreux.ses intermittent.es travaillent à la Comédie-Française, ou à l'Opéra de Paris, mais aussi partout ailleurs. Et leur statut est l'un des plus précaires, et les moins protégés : "Par exemple, les trimestres où l'on travaille sont validés. Mais les trimestres d'assurance chômage indemnisés ne sont qu'assimilés. Et puis il y a tous les trimestres sans assurance chômage qui ne comptent pas pour les annuités. Imaginons par exemple quelqu'un qui a fait des études de conservatoire ou une autre école, et qui commence à travailler à 23 ans, il lui faut environ 43 annuités pour une retraite à taux plein. En faisant le calcul, on arrive à 67 ans. Donc en réalité, le gros problèmes qu'on a pour les intermittents du spectacle, comme beaucoup de travailleurs précaires, ce n'est pas tant le report de l'âge qui est déjà terrible que le fait que le nombre d'annuités amène soit à partir à 64 ans avec une retraite très basse ou bien à avoir à devoir attendre 67 ans pour sortir, ce qui est une catastrophe quand on sait déjà que beaucoup d'intermittents du spectacle ont déjà du mal à atteindre les 62 ans. Alors qu'ils sont déjà concernés par un système qui appelle le maintien de droits à l'assurance chômage. Et ce système est menacé."

Les organisations syndicales ont appelé à une nouvelle journée de grève et d'actions, le mardi 31 janvier.

Programmation musicale

  • 07h34
    Suite en la : Gavotte et 6 doubles
    Suite en la : Gavotte et 6 doubles
    Jean Philippe Rameau (Compositeur)
    Suite en la : Gavotte et 6 doubles

    Clement Lefebvre (Piano)

    Album Clément Lefebvre joue Rameau et Couperin (2017)
    Label Evidence (EVCD052)

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