Hèctor Parra & Nicolas Crosse
Hèctor Parra & Nicolas Crosse
Hèctor Parra & Nicolas Crosse ©Radio France - Amélie Burnichon
Hèctor Parra & Nicolas Crosse ©Radio France - Amélie Burnichon
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Résumé

Dans nos brèves sonores cette semaine, les "Cinq Fleurs" pour contrebasse du compositeur catalan Hèctor Parra, incarnées par Nicolas Crosse.

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« Cinq Fleurs pour contrebasse » de Hèctor Parra Nicolas Crosse (contrebasse) 
Création enregistrée le 25 janvier 2022, Salle Colonne - Paris

Fleur n°1 / Fleur désespérée

La romancière catalane Merce Rodoreda a écrit peu de temps avant sa mort, au début des années 1980, une suite de textes baptisée "Voyages et Fleurs". Hèctor Parra s'est inspiré de quelques-unes des Fleurs de ce recueil pour composer sa propre suite.

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Ces Fleurs de Rodoreda sont en réalité des portraits humains plutôt noirs, axés sur les défauts, les défaillances humaines. Hèctor Parra a imaginé pour Nicolas Crosse, musicien qu'il connaît bien, des pages noires, violentes mêmes ! C'est le cas de cette Fleur désespérée étouffée par un mille-pattes, avant de naître.

"Elle vit dans les terrains humides. Avec sa raine dans la boue - elle est de la famille des néroufandes - elle s'épanouirait gracieusement si n'existait pas le mille-pattes Wuribinga-Palangriu qui naît sous le calice de la fleur. Noir, les pattes couleur mandarine, il vit dans les affres. Toujours avec la peur que ville le Salamandril. Dès que de loin il l'entend arriver - le Salamandril descend du bleu et de la lumière qui tremble - avec son vrombissement de bourdon, Xuribinga-Palangriu monte sur la fleur, la serre pour qu'elle ne s'ouvre pas et, si elle est à moitié éclose, la referme. C'est sa façon de tuer pour ne pas mourir. S'il peut goûter la fleur, le Salamandril s'enflamme comme une torche, attaque Xuribinga-Palangriu et n'en fait qu'une bouchée. Heureusement que le Salamandril a le coeur innocent et qu'il ne se méfie pas. Lorsqu'il descend, s'il trouve la fleur fermée avec, dessus, Xuribinga-Palangriu, il s'en retourne vers le bleu et la lumière qui tremble. Il ne tarde pas à mourir maigre comme un clou. La fleur aussi. Morte avant de s'ouvrir, victime de la lutte pour la vie d'un malheureux idiot, d'un pauvre fou." Merce Rdoreda

À lire aussi : « Cinq Fleurs pour contrebasse » d'Hèctor Parra (diffusion intégrale et portrait du compositeur)

Références

L'équipe

Anne Montaron
Anne Montaron
Anne Montaron
Production
Françoise Cordey
Réalisation
Marjolaine Portier-Kaltenbach
Marjolaine Portier-Kaltenbach