Friedrich Gulda, 1995
Friedrich Gulda, 1995
Friedrich Gulda, 1995 ©Getty -  Ullstein Bild
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Résumé

On parle d'un homme qui envoie un fax à la presse pour annoncer sa propre mort, qui fête sa résurrection lors d'une soirée techno et qui s'éteindra le 27 janvier 2000, le jour de l'anniversaire de Mozart. Ironie du sort ? Cette semaine, zoom sur ce pianiste hors du commun !

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Friedrich Gulda voit le jour en 1930 à Vienne. Ville avec laquelle il entretenait des rapports sinueux : il y vivait, en parlait le dialecte mais dénonçait son nationalisme et en niait l'esthétisme d'interprétation trop conservateur selon lui.  Il étudie le piano au Conservatoire Grossmann puis en privé avec Felix Pazofski. Dès 1941, il est admis à l'Académie de musique de Vienne et en 1946, à 16 ans, il remporte le prestigieux Concours international d'exécution musicale de Genève. Quatre ans plus tard, il triomphe au Carnegie Hall de New-York. Sa carrière est lancée.

Cependant, début des années 60, il renonce au confort de son activité de pianiste classique traditionnel et ce malgré sa carrière internationale fulgurante. Après avoir été un spécialiste du répertoire classique et romantique (son nom est associé à celui de Beethoven et celui de Mozart), Gulda se tourne vers le Jazz.

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C'est alors qu'il propose des mélanges incongrus lors de ses concerts (voire grossiers et choquants pour certains). On pouvait y entendre un impromptu de Schubert, une nocturne de Chopin entrecoupés de morceaux jazz de sa propre composition ou de longues improvisations sur un thème de Thelonious Monk.  Gulda provoque, revoit les codes établis. Gulda agace, Gulda choque aussi. En 1970, il renonce à l'anneau du bicentenaire de Beethoven que lui décerne l'Académie de musique de Vienne. Avec sa femme, il se présente nu (tous les deux) devant les écrans de télévision pour interpréter L'amour et la vie d'une femme de Robert Schumann. Scandale et affirmation d'une liberté personnelle repoussant les limites de la bienséance !

C'est corps et âme que le musicien , surnommé "le pianiste terroriste", a défendu la liberté en s'affranchissant des limites. il dira :

Mon existence est un scandale pour beaucoup de gens. Une vie est un scandale quand quelqu'un fait régulièrement ce qui, selon l'opinion établie, ne se fait pas. On ne joue pas Mozart ou Beethoven pour aller deux heures plus tard dans un club de jazz. Je ne mène pas une vie normale."            
So what, un portrait de Friedrich Gulda, Benedict Mirow  © Loft/BR

Cet aspect de sa personnalité n'a jamais touché ni les amateurs de musique classique, trop déconcertés, ni le grand public et encore moins les amateurs de jazz pour qui sa touche et son sens du rythme n'étaient pas assez émancipés des contraintes du métronome.  Il n'en reste pas moins que Friedrich Gulda marque son époque et reste considéré comme l'un des plus grands interprètes de son siècle.

Références

Programmation musicale

  • 10h22
    Symphonie n°1 en ut min op 32 : 4. Finale. Allegro assai
    Symphonie n°1 en ut min op 32 : 4. Finale. Allegro assai
    Louise Farrenc
    Symphonie n°1 en ut min op 32 : 4. Finale. Allegro assai

    Interprètes Laurence Equilbey

    Album Louise Farrenc : Symphonies n°1 et 3 (2021)
    Label Parlophone (190296698521)
  • 10h30
    Sonate pour piano n°16 en Sol Maj op 31 n°1 : 1. Allegro vivace
    Sonate pour piano n°16 en Sol Maj op 31 n°1 : 1. Allegro vivace
    Ludwig van Beethoven
    Sonate pour piano n°16 en Sol Maj op 31 n°1 : 1. Allegro vivace

    Interprètes Friedrich Gulda

    Album Friedrich Guda : Les enregistrements d'oeuvres de Beethoven chez Decca 1950-1958
    Label Decca (475 6835)
  • 10h37
    Sonate pour piano n°7 en Ré Maj op 10 n°3 : 1. Presto
    Sonate pour piano n°7 en Ré Maj op 10 n°3 : 1. Presto
    Ludwig van Beethoven
    Sonate pour piano n°7 en Ré Maj op 10 n°3 : 1. Presto

    Interprètes Friedrich Gulda

    Album Ludwig van Beethoven : Sonates pour piano n°7 à 10
    Label BRILLIANT CLASSICS (927773/3)
  • 10h43
    Concerto pour piano n°2 en Si bémol Maj op 19 : 1. Allegro con brio
    Concerto pour piano n°2 en Si bémol Maj op 19 : 1. Allegro con brio
    Ludwig van Beethoven
    Concerto pour piano n°2 en Si bémol Maj op 19 : 1. Allegro con brio

    Interprètes Horst Stein, Friedrich Gulda

    Album Friedrich Gulda : Complete Decca Recordings / CD 19 à 21 (2021)
    Label Decca (4851470/1471/1472)

L'équipe

Emilie Munera
Emilie Munera
Emilie Munera
Production
Rodolphe Bruneau-Boulmier
Rodolphe Bruneau-Boulmier
Céline Parfenoff
Réalisation
Lisa Creppy
Collaboration
Gilles Blanchard
Réalisation