La lituanienne Izabele Jankauskaite participe à l'académie de direction de Gstaad. - Theresa Pewal
La lituanienne Izabele Jankauskaite participe à l'académie de direction de Gstaad. - Theresa Pewal
La lituanienne Izabele Jankauskaite participe à l'académie de direction de Gstaad. - Theresa Pewal
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Résumé

Du 31 juillet au 19 août, le festival de Gstaad en Suisse accueille son académie de direction fondée en 2014. Ce sont trois semaines de travail intensif pour dix chefs à l’orée de leur carrière, venus des États-Unis, d’Israël, de Suisse, de France, de Norvège... âgés de 23 à 29 ans.

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Dans la tente du festival de Gstaad, un jeune chef tient la baguette face à l’orchestre. Le professeur s’approche, interrompt les musiciens et murmure à son oreille. Sur le côté, une brochette d’observateurs concentrés suit la partition. Depuis deux jours, chacun passe à son tour sur une pièce du programme qui sera présenté au public en concert le lendemain. Ils sont tous déjà lancés dans la carrière. Même s’ils apprennent encore.

"Cette académie par essence est entre les deux : un professeur, mais l’orchestre et l’orchestre qui arrivent avec c’est pas du tout académie, ce sont des vrais concerts, une soliste de classe mondiale samedi avec Anastasia Kobekina. Il y aura du monde qui arrive dans deux semaines : des agents et managers d’orchestres. Ce n’est plus du tout un monde académique. C’est un moment pivot pour tous les chefs qui sont là." Le Suisse Laurent Zufferey revient par la grande porte après avoir participé en auditeur libre à l’académie il y a cinq ans.

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De son côté, Samy Rachid arrive du festival de Verbier où il était chef assistant, avec en poche un deuxième prix au concours de direction de Tokyo en 2021. Il s’émerveille de la qualité de l’orchestre du festival de Gstaad, réuni tous les ans ici dans les montagnes, pour se prêter à cet exercice atypique : "C’est très rare lors d’une académie d’avoir accès à un orchestre de ce niveau-là, avec les meilleurs musiciens des orchestres suisses. Et pendant 20 jours, de les avoir tous les jours, de pouvoir s’observer, voir les erreurs qu’on fait car tout est filmé, avec des orchestres comme ça on apprend énormément."

Le premier violon solo Vlad Stanculeasa, participe à l’orchestre du festival de Gstaad depuis douze ans et prend son rôle très à chœur. Il sait que les chefs comptent sur ses observations et n’hésite pas à les partager : "Quand on joue, il faut vraiment ouvrir le contact avec le chef. C’est très important pour eux d’avoir le feedback et la perception de leur geste dans notre jeu. C’est toujours difficile pour un chef d’orchestre. Ils travaillent la direction à la maison mais ce n’est pas comme un violon. Si ce n’est pas juste, ça s’entend tout de suite !"

Les conditions du concert

Attentif à chaque mouvement et à chaque intention de ses élèves, Johannes Schlaefli, le professeur qui suit les étudiants pendant les trois semaines de l’académie se félicite de la promotion qu’il a constituée : seulement dix élus sur 240 candidatures : "On essaye de choisir les gens avec des âges et des caractères différents. C’est ce qui est intéressant pour moi : essayer d’être utile pour chaque caractère."

Le quatrième jour déjà, les étudiants peuvent se confronter aux conditions de concert. Chacun présente un bout du programme défini par la direction artistique du festival. L’occasion pour les chefs de travailler leur technique, mais aussi de se présenter au microcosme musical. Le directeur du festival Christophe Müller souligne l’exception de cette proposition. "On a désormais sept orchestres partenaires, prêts à offrir des projets à diriger aux jeunes chefs les prochaines saisons. C’est quelque chose qui est très important pour les jeunes, d’entrer dans ce marché musical."

À partir du 16 août, le chef néerlandais Jaap van Zweden rejoindra l’académie qu’il dirige pour la quatrième année. Il fera profiter aux jeunes chefs de son expérience internationale, aujourd’hui à l’orchestre philharmonique de New York et celui de Hong-Kong.

Jaap van Zweden que l’on entendra déjà à Gstaad ce soir avec Jonas Kaufmann dans Fidelio sous la tente du festival. Le dernier concert de l’Académie de direction aura lieu le 19 août. On entendra les participants dans le Concerto n° 5 pour piano de Beethoven et la Symphonie n° 4 de Tchaïkovski. L’un d’entre eux remportera le prix Neeme Järvi, et la promesse d’engagements à la tête de grands orchestres suisses.

Références

L'équipe

Gabrielle Oliveira Guyon
Gabrielle Oliveira Guyon