La compositrice américaine Florence Price. - Aeterna Christi Munera
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Résumé

De nouveaux enregistrements permettent aujourd'hui de mettre en lumière l'œuvre de la compositrice américaine Florence Price, notamment ses symphonies.

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Le troisième mouvement de la troisième symphonie de Florence Price s'intitule Juba Dance, en référence à une danse afro-américaine apportée en Caroline du Sud par des esclaves. Florence Price est née quelques états à l’ouest de la Caroline, dans l’Arkansas, en 1887. Elle grandit dans une famille métisse. Sa mère est professeur de piano, son père lui, est le seul dentiste noir-américain dans toute la ville de Little Rock. Florence Price insuffle dans ses compositions cette culture noire-américaine. D’ailleurs, la Juba Dance revient aussi dans le troisième mouvement de sa première symphonie.

25 min

Cette œuvre est créée en 1932 par l’orchestre symphonique de Chicago dirigé par Frédérick Stock. Le concert est un événement : c’est la première fois qu’un orchestre prestigieux aux Etats-Unis joue l'œuvre symphonique d’une compositrice noire-américaine. Au lendemain de la création, on peut lire dans le Chicago Daily News :

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“C’est une œuvre sans faille, qui exprime son propre message avec une certaine retenue et pourtant on y ressent aussi de la passion… Cette musique est digne d’obtenir une place dans le répertoire symphonique courant.”

Une popularité au-delà des Etats-Unis

Florence Price devient célèbre dans tout le pays. Son nom arrive même jusqu’en Europe. Par exemple, le directeur artistique du Hall Orchestra de Manchester lui commande une œuvre orchestrale au début des années 50.  

Le nom de Florence Price a aussi été mis en lumière par des chanteuses, comme Leontyne Price ou Marian Anderson. La contralto a même fait profiter des talents de la compositrice devant une foule de 75 000 personnes. 

Nous sommes en 1939 devant le Lincoln Memorial de Washington. Marian Anderson, victime de racisme, ne peut pas se produire dans la salle prévue à l’origine pour son concert. Elle va chanter à l’extérieur sur un parvis quelques airs classiques mais aussi des spirituals dont une mélodie, My soul's been anchored in the lord, arrangée par Florence Price.  

J’ai deux handicaps. Je suis une femme et j’ai du sang de couleur dans mes veines.

La compositrice avait conscience de la double discrimination à son encontre. En 1943, elle écrit au chef d’orchestre Serge Koussevitsky : “J’ai deux handicaps. Je suis une femme et j’ai du sang de couleur dans mes veines”. Le chef d’ailleurs ne répondra jamais à cette lettre. 

A sa mort en 1953, sa fille tente de faire vivre sa musique qui comprend des centaines d'œuvres. Mais le monde musical, réputé pour être une caste masculine et blanche, n’était pas prêt. Personne ne s’est intéressé à cette femme. Désormais, les artistes et chefs se pressent de jouer et enregistrer sa musique, et on ne peut que s’en féliciter. 

Références

L'équipe

Aliette de Laleu
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Aliette de Laleu
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