Une note de la Cour des Comptes porte un regard critique sur Le ministère de la Culture ©Maxppp - Olivier Boitet
Une note de la Cour des Comptes porte un regard critique sur Le ministère de la Culture ©Maxppp - Olivier Boitet
Une note de la Cour des Comptes porte un regard critique sur Le ministère de la Culture ©Maxppp - Olivier Boitet
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Résumé

Et si le ministère de la Culture n'était plus que l'ombre de lui-même ? En effet, une note de la Cour des Comptes porte un regard critique sur l'état du ministère. Antoine Pecqueur décrypte les préconisations des sages de la Rue Cambon.

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Le tableau n’est pas rose… C’est le moins que l’on puisse dire ! Les mots des sages de la Rue Cambon sont cinglants : selon eux, le ministère de la Culture a perdu son rôle primordial, au point que certains en sont venus à se demander s’il avait encore une réelle utilité.
La Cour des comptes reconnait un passé plus glorieux du ministère de la Culture, avec notamment le doublement de son budget sous François Mitterrand, mais aujourd’hui il a clairement selon eux perdu de sa superbe

Pourquoi la Cour des Comptes est-elle si sévère ?

Le constat est simple : ce n’est plus le ministère qui fait la politique culturelle de la France ; ce sont avant tout les collectivités territoriales, dont le financement est trois fois supérieur à celui du ministère. A cela s’ajoute les acteurs privés, qui comme LVMH ou Pinault, montent leurs propres fondations, grâce bien sûr à des dispositifs fiscaux très favorables. Evidemment il y a quand même les grandes institutions, l’Opéra de Paris ou le Château de Versailles ; alors oui elles sont financées par l’Etat, mais elles sont par contre totalement autonomes dans leur fonctionnement. 

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En fait, le ministère de la Culture a un rôle de plus en plus réduit, qui consiste surtout à octroyer des subventions sans grande vérification sur la pertinence de ses aides. « Une atomisation des crédits », dénonce la Cour des Comptes, qui empêche toute véritable vision ou priorité. Il n’y a pas de stratégie, mais un exercice au fil de l’eau, qui tient aussi au fonctionnement même du ministère, avec comme le rappelle la note, huit ministres qui ont défilé en moins de quatorze ans; une absence donc de continuité politique ; et des services affaiblis, avec des rémunérations plus faibles que dans les autres ministères. Il n’est donc attirant ni en interne ni à l’extérieur.

Que préconise la note de la Cour des Comptes ?

Selon cette note, il faut que le ministère se recentre sur ses activités de niveau strictement nationales, en arrêtant déjà de devoir gérer en direct certains équipements.
Le but est que le ministère soit à nouveau à même de lancer de grands axes stratégiques : sur l’éducation, sur le numérique. Ce sont les deux volets sur lesquels insiste la Cour des comptes. Il faut aussi pour cela que le ministère modifie aussi son organisation interne ; un plan de transformation avait d’ailleurs été lancé en 2019 mais il a été gelé en raison de la crise sanitaire. Une chose est en tout cas sûre : au cours de son quinquennat, Emmanuel Macron n’aura pas reconsidéré le ministère, il aura surtout cherché à piloter une grande partie de la politique culturelle depuis l’Elysée. Le sort du ministère de la culture s’invite même dans la campagne présidentielle : Eric Zemmour a déjà annoncé son intention de le supprimer. Rien que ça. Alors pour éviter de tels dérives, il semble donc nécessaire, urgent même, de transformer la Rue de Valois.

Références

Programmation musicale

  • 07h47
    De pantin à pékin
    De pantin à pékin
    Juliette Greco
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    Pierre Delanoe

    Album Bonjour tristesse 1955 1959 (1959)
    Label PHILIPS

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Antoine Pecqueur
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