Le tableau de Gustave Klimt : "Rosiers sous les arbres" va être rendu aux ayants-droits d'une famille juive spoliée par le régime nazi.
Le tableau de Gustave Klimt : "Rosiers sous les arbres" va être rendu aux ayants-droits d'une famille juive spoliée par le régime nazi.
Le tableau de Gustave Klimt : "Rosiers sous les arbres" va être rendu aux ayants-droits d'une famille juive spoliée par le régime nazi. ©AFP - Alain Jocard / pool
Le tableau de Gustave Klimt : "Rosiers sous les arbres" va être rendu aux ayants-droits d'une famille juive spoliée par le régime nazi. ©AFP - Alain Jocard / pool
Le tableau de Gustave Klimt : "Rosiers sous les arbres" va être rendu aux ayants-droits d'une famille juive spoliée par le régime nazi. ©AFP - Alain Jocard / pool
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Résumé

Antoine Pecqueur revient ce matin sur le projet de loi voté à l’unanimité la semaine dernière à l’Assemblée nationale sur la restitution d’œuvres d’art spoliées par les nazis. Un vote historique…

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Il était temps ! Jacques Chirac abordait déjà le sujet en 1995. Plus près de nous, en 2019 le ministère de la Culture a créé une mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés. Et donc mardi dernier, ce projet de loi a été voté à l’unanimité, concernant la restitution de quinze biens culturels.
Si le Sénat confirme mi-février ce projet de loi, ces œuvres doivent donc être rendues aux ayants droits des propriétaires, victimes de persécutions antisémites. C’est historique car c’est une exception au principe d’inaliénabilité des œuvres d’art.

Quelles sont les œuvres qui avaient été spoliées ?

Sur la quinzaine d’œuvres, il y a plusieurs pièces maitresses : un Chagall, un Utrillo et aussi le seul tableau de Klimt conservé dans un musée français : « Le Rosier sous les arbres », qui se trouvait au Musée d’Orsay. Le musée l’avait acheté en 1980 sans imaginer sa provenance, ce qui interpelle aussi sur le manque de données, de traçage des biens culturels.
Car retrouver les œuvres d’art spoliées est un parcours du combattant pour les descendants des propriétaires. Beaucoup de tableaux se sont retrouvés sur le marché de l’art, puis dans des collections publiques. Et les témoins ont pour la plupart disparu.

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Ces recherches demandent des moyens et les Etats y consacrent désormais des budgets spécifiques. L’Allemagne flèche par exemple 6 millions d’euros. En France, des postes au sein des musées, avec des chercheurs dédiés sont créés. Mais cela ne suffit pas forcément. Le privé vient aussi en complément : la maison de vente aux enchères Sotheby’s vient d’annoncer qu’elle apporterait pendant trois ans une aide en mécénat pour retrouver les œuvres spoliées présentes dans les collections de Louvre. Une journée d’étude est même consacrée à ce sujet ce mercredi 2 février.

Cette restitution est-elle comparable à celle des objets d’art africain pillés pendant la colonisation ?

Il est intéressant de voir que les démarches sont concomitantes. Mais celle sur la restitution des œuvres d’art spoliées par les nazis pourrait déboucher rapidement sur une loi-cadre, le Ministère travaillant actuellement sur le sujet.
Cela permettrait de déclasser les œuvres par décret et donc d’aller bien plus vite, de ne plus légiférer au cas par cas. Le projet d’une loi-cadre sur la restitution des œuvres d’art africain pillées pendant la colonisation rencontre davantage d’obstacles. Emmanuel Macron le souhaite, mais en face, beaucoup de voix, surtout à droite, sont pour le moins frileuses. Vous l’aurez compris : le sujet est hautement politique. Mais il serait regrettable d’aboutir à un « deux poids, deux mesures ».

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Antoine Pecqueur
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