De nombreux lieux culturels sont encore occupés par des intermittents du spectacle et des étudiants, alors que les salles de spectacles sont censées rouvrir le 19 mai prochain ©Maxppp - Le Pictorium
De nombreux lieux culturels sont encore occupés par des intermittents du spectacle et des étudiants, alors que les salles de spectacles sont censées rouvrir le 19 mai prochain ©Maxppp - Le Pictorium
De nombreux lieux culturels sont encore occupés par des intermittents du spectacle et des étudiants, alors que les salles de spectacles sont censées rouvrir le 19 mai prochain ©Maxppp - Le Pictorium
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Résumé

C’est une semaine cruciale pour le secteur culturel : ce mercredi 19 mai réouvrent les salles de spectacle, les musées et les cinémas. Toutefois le contexte n’est pas encore apaisé socialement, loin de là...

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La grande réouverture des lieux culturels risque d’être perturbée par l’occupation des théâtres. En effet, le mouvement se poursuit dans plusieurs scènes à travers le pays. La CGT appelle même à manifester samedi prochain. Mais de l’autre côté, des directeurs de théâtre et d’opéra, dont Macha Makaeieff, appellent à lever les occupations pour pouvoir accueillir le public, et à ce que le mouvement se poursuive par d’autres moyens que le blocage des théâtres. Le fossé se creuse donc entre employeurs et employés, entre le Syndeac, le syndicat professionnel du spectacle vivant, et la CGT, représentant pour sa part les salariés.

La crispation porte sur le sort réservé aux intermittents du spectacle

La semaine dernière, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot et son homologue du travail Elisabeth Borne ont annoncé la prolongation de l’année blanche jusqu’au 31 décembre. C’était l’une des options du rapport d’André Gauron sur l’intermittence du spectacle. Mais la CGT défend une autre option : la prolongation pendant un an. Le syndicat juge aussi insuffisant le plan de 30 millions d’euros annoncé par le gouvernement pour l’emploi artistique. L’Etat a donné des gages, comme aussi le fait d’abaisser le seuil d’entrée dans l’intermittence pour les moins de 30 ans, mais cela ne suffit pas à calmer la grogne. Celle-ci dépasse même les questions sectorielles, appelant au retrait global de la réforme de l’assurance-chômage.

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Cette tension aurait-elle pu être évitée ?

Selon Antoine Pecqueur, cette tension aurait pu être évitée, comme dans certains autres pays, qui avaient permis la poursuite de l’activité culturelle pendant la crise, qui n’a en aucun cas augmenté le nombre de contaminations. Le gouvernement n’a pas voulu jouer la carte de l’exception culturelle, qui est pourtant dans l’ADN même du pays, pour ne pas froisser les puissants lobbys de la restauration.
A la veille d’échéances électorales attendues, ce calcul politique se retourne contre le gouvernement. A cela s’ajoute la confusion : la ministre de la Culture instaure des règles pour les festivals qui doivent se tenir assis et distancié avec des limites de jauge. Puis Emmanuel Macron annonce pour l’été la fin de ces limites de jauge avec l’instauration du pass sanitaire, ce même pass auquel s’opposait pour les lieux culturels Roselyne Bachelot. Comment s’y retrouver ?
Face à cette situation, certains festivals ont préféré déjà annuler leur édition. Cette semaine est donc effectivement cruciale pour le retour des artistes et du public mais ce n’est que le début d’une relance qui va elle prendre un temps bien plus long.

Références

Programmation musicale

  • 07h48
    BOESMANS
    BOESMANS
    PHILIPPE BOESMANS (Compositeur)
    BOESMANS

    , PATRICK DAVIN (Chef d'orchestre), , ORCHESTRE DU THEATRE DE LA MONNAIE DE BRUXELLES

L'équipe

Antoine Pecqueur
Antoine Pecqueur
Antoine Pecqueur
Production