Le chef d'orchestre britannique Roger Norrington au Festival d'Edimbourg en 2010 ©Getty - Robbie Jack / Corbis
Le chef d'orchestre britannique Roger Norrington au Festival d'Edimbourg en 2010 ©Getty - Robbie Jack / Corbis
Le chef d'orchestre britannique Roger Norrington au Festival d'Edimbourg en 2010 ©Getty - Robbie Jack / Corbis
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Résumé

Le chef qui a "baroquisé" les orchestres modernes ! Figure singulière, pionnier du jeu historiquement informé, Roger Norrington a annoncé le mois dernier qu'il prenait sa retraite...

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L’annonce du retrait de Roger Norrington, dont l’état de santé rend la direction d’orchestre trop épuisante à 87 ans, fait d’abord réfléchir sur l’inégalité face au vieillissement du corps, puisque, au même moment, Herbert Blomstedt dirige toujours debout et par cœur les partitions les plus immenses à 94 ans.
Surtout, cette nouvelle est l’occasion de revenir sur un parcours plus qu’intéressant, commencé comme chef de chœur à Cambridge avant de devenir un des pionniers des instruments d’époque. Mais pas n’importe lesquels : Norrington n’est pas un « baroqueux », mais a appliqué sa recherche aux répertoires classique et romantique en fondant en 1978 les London Classical Players, destinés à jouer Beethoven, Brahms et Wagner avec cordes en boyau et cors naturels, avant l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique de Gardiner ou Les Siècles de François-Xavier Roth. Il y avait alors un côté géo-trouvetout, friand d’expérimentation. Quitte à agacer, par exemple lorsqu’il donnait l’impression de découvrir la lune en affirmant qu’il avait retrouvé la disposition d’origine de Tchaikovski, avec seconds violons à droite et contrebasses à gauche… alors que Mravinsky à Léningrad ne l’avait jamais abandonnée !

A partir des années 90, il s’est surtout fait une spécialité de convertir les orchestres modernes au jeu à l’ancienne, abandonnant les London Classical Players pour se produire à la tête de grandes phalanges symphoniques à Vienne, Zurich ou Stuttgart où il fut chef principal à la radio. Non sans un côté dogmatique, par exemple dans sa défense du jeu sans vibrato systématique pour les cordes, afin d’éviter pathos et sentimentalité, y compris dans Mahler. Cela pouvait donner des résultats intéressants mais parfois pénibles : ce n’est pas en deux répétitions que l’on convertit au jeu sans vibrato des musiciens qui ne l’ont jamais pratiqué. Mais il emportait le morceau par sa fantaisie et son imagination, ainsi que son énergie, créant une complicité unique avec les musiciens et le public : un vrai chauffeur de salle, par exemple lorsqu’il encourageait la salle à applaudir entre les mouvements alors que les puristes criaient déjà « chut »…
Un chef avec qui on était toujours surpris.

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Références

Programmation musicale

  • 07h51
    Symphonie n°4 en Sol Maj : Ruhevoll
    Symphonie n°4 en Sol Maj : Ruhevoll
    GUSTAV MAHLER (Compositeur)
    Symphonie n°4 en Sol Maj : Ruhevoll

    , ROGER NORRINGTON (Chef d'orchestre), , ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LA RADIO DE STUTTGART

    Album Gustav Mahler : Symphonie n°4
    Label HANSSLER CLASSIC

L'équipe

Christian Merlin
Christian Merlin
Christian Merlin
Production