Violette Viannay : Les processus de collaboration des théâtres d’opéra français

Opéra Garnier, Paris.
Opéra Garnier, Paris. ©Getty - Sylvain Sonnet
Opéra Garnier, Paris. ©Getty - Sylvain Sonnet
Opéra Garnier, Paris. ©Getty - Sylvain Sonnet
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Violette Viannay est diplômée d’un master en administration et gestion de la musique. Le sujet de sa thèse porte sur  les processus de collaboration des théâtres d’opéra français, à Sorbonne Université et à l’IReMus. Ses recherches sont menées sous la direction du professeur Gilles Demonet.

Violette Viannay est diplômée d’un master en administration et gestion de la musique. Elle avait, dans ce cadre, rédigé un mémoire de recherche sur les impacts des fusions des théâtres d’opéra allemands, au lendemain de la réunification, et plus spécifiquement, sur le projet artistique de ces maisons. Elle réalise, à l’heure actuelle, une thèse de musicologie qui porte sur les processus de collaboration des théâtres d’opéra français, à Sorbonne Université et à l’IReMus.- Institut de Recherche en Musicologie. Ses recherches sont menées sous la direction du professeur Gilles Demonet. Elle est, par ailleurs, responsable de la coordination artistique du chœur Accentus (direction, Laurence Equilbey), et chargée de cours en ‘Recherche en administration de la musique’ à l’UFR de Musique et Musicologie de Sorbonne Université.

"Le management des théâtres d’opéra est un terrain fructueux pour la musicologie et plus spécifiquement pour la recherche en administration et en gestion de la musique. Forme artistique spectaculaire et plurielle, l’opéra s’incarne à travers des formes d’administration complexes et soulève des enjeux artistique, économique, politique et sociaux importants. Sa production se traduit notamment par des coûts particulièrement élevés qui ne sauraient être couverts par une billetterie qui est, par nature limitée, malgré le monumentalisme des salles.

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Aujourd’hui, l’activité lyrique française se déploie dans une trentaine de théâtres d’opéra, implantés sur tout le territoire. Riche d’histoires singulières, ces institutions, qui sont spécifiquement dédiées à l’art lyrique, entretiennent de fait des liens divers avec les pouvoirs publics – qu’il s’agisse de l’État ou des collectivités territoriales – et présentent des modèles d’exploitations pluriels, qui se définissent par plusieurs éléments tels que la forme juridique (que sont la régie municipale, l’EPCC, etc. ) ou encore, les forces artistiques et techniques dont l’institution dispose.

L’inscription de la totalité de ces structures dans une action publique et une société en pleine transformation - on soulignera notamment les enjeux en matière de public, et d’écologie - n’est pas sans conséquence sur l’activité de ces théâtres et leur continuité. La montée en puissance d’une exigence de collaboration traverse notamment le secteur. Cela se traduit de différentes façons :

  • d’une part, par l’importance de la coproduction régionale, nationale, internationale, avec un autre théâtre d’opéra, pour permettre un amortissement des coûts de production et favoriser aussi la diffusion du genre, notamment dans le cadre des structures qui sont labellisées « opéra national » ou conventionnées « théâtre lyrique d’intérêt national ». Dans cette hypothèse, il s’agit souvent d’une collaboration pour un ouvrage lyrique, donc un projet, avec une échelle de temps bien spécifique ;
  • d’autre part, par l’importance de la mutualisation des outils de production voir même le rapprochement de certains théâtres d’opéra dès lors qu’un projet de fusion est en cours d’évaluation. Dans ce cadre, il s’agit plus souvent d’une collaboration plus structurelle, avec une échelle de temps plus longue.

Outre ces formes, d’autres collaborations peuvent être usuelles, tels que le partenariat avec la formation symphonique locale ou encore, la résidence d’ensembles indépendants tels que les ensembles vocaux ou les ensembles baroques.

Au travers des incitations politiques et au regard des dernières saisons des théâtres d’opéra français, l’objet de cette recherche réside ainsi dans la compréhension et l’analyse des motivations de la mise en place de ces processus collaboratifs et des effets sur l’administration et la gestion de ces structures, soit de fait, sur la définition de leur projet artistique. Au fil du temps, ces travaux permettent aussi de vérifier si un répertoire spécifique (qu’il s’agisse, de l’opéra, de l’opérette, de la création lyrique, etc.) est plus propice à la collaboration et d’apprécier aussi la durée de vie des productions lyriques, élément qui n’est pas sans importance si on considère les nombreuses alertes des professionnels sur secteur, s’agissant du devenir de l’opéra en France" (Violette Viannay).

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