Le compositeur autrichien Arnold Schönberg
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Résumé

Fabienne Bouvet, Guillaume Connesson et Emmanuelle Giuliani élisent la version de référence de la Nuit transfigurée d’Arnold Schönberg.

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Compte-rendu :

L’écoute se base sur la version originale pour sextuor à cordes.

L’introduction au sextuor est jouée « blanc », sans vibrato, et pas toujours lisiblement. Les Juilliard éclairent cette Nuit transfigurée d’une lumière trop blafarde.

L’impression de spatialisation, au lever de rideau, a pour but de peindre un paysage affligé et angoissant. Mais l’équipe réunie autour dIsabelle Faust, dans une veine expressionniste fébrile, manque de précision et de puissance de jeu, en dépit d’un climat de songe qui peut captiver.

Les Pražák jouent l’exacerbation des contrastes et l’opposition des pôles : mobile/immobile, graves/aigus, tension/détente. Hélas on déplore des raideurs, et une pulsation qui traduit plus la métrique que la passion amoureuse.

L’engagement des musiciens de l’Intercontemporain est farouche, constamment poussé de l’avant par un Pierre Boulez qui sait où il va. Les ombres de Brahms et Mahler rôdent sur cette Nuit transfigurée tragique, mélodrame vocal aux fondus liquides. Gare toutefois à l’emphase.

Les Ébène, réunis à Antoine Tamestit et Nicolas Altstaedt, savent peindre l’abattement et le climat le plus dépressif, puis, d’un éclair, une fougue ravageuse. Cette lecture de Schönberg, d’un niveau instrumental exceptionnel, offre les diaprures et l’ampleur d’une lecture symphonique, alliée à une finesse toute chambriste. C’est intense et magistral.

Les six solistes – Janine Jansen, Boris Brovtsyn, Amihai Grosz, Maxim Rysanov, Torleif Thedéen, Jens Peter Maintz – jouent tels un corps en mouvement. Chaque phrase est un soupir, chaque contrechant l’expression d’une nécessité intérieure. Le soin apporté aux voix intermédiaires explore les ombres du poème de Dehmel et nimbe cette Nuit transfigurée d’un caractère océanique, où les longues phrases hypnotiques résonnent de minuscules détails et de murmures indicibles. La grâce, tout simplement.

Palmarès :

N°1 = Version D : Janine Jansen, Boris Brovtsyn, Amihai Grosz, Maxim Rysanov, Torleif Thedéen, Jens Peter Maintz (Decca, 2012)

N°2 = Version F : Quatuor Ébène, Antoine Tamestit, Nicolas Altstaedt
(Erato, 2020)

N°3 = Version C : Ensemble Intercontemporain, dir. Pierre Boulez
(Sony, 1985)

N°4 = Version B : Quatuor Pražák*,* Vladimir Bukač, Petr Prause
(Praga, 2006)

N°5 = Version E : Isabelle Faust, Anne Katharina Schreiber, Antoine Tamestit, Danusha Waskiewicz, Christian Poltéra, Jean-Guihen Queyras
(HM, 2018)

N°6 = Version A : Quatuor Juilliard, Walter Trampler, Yo-Yo Ma
(Sony, 1991)

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Le 8 juin à 19h, au Théâtre de l'Alliance Française, Jérémie Rousseau sera entouré d'auditeurs, critiques pour une Tribune spéciale, en public .

Références

L'équipe

Jérémie Rousseau
Jérémie Rousseau
Béatrice Trichet
Réalisation
Aurore Denizot
Collaboration