Le compositeur hongrois Béla Bartók
Le compositeur hongrois Béla Bartók
Le compositeur hongrois Béla Bartók
Le compositeur hongrois Béla Bartók
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Sophie Bourdais, Emmanuelle Giuliani et Yannick Millon élisent la version de référence du ballet-pantomime Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartók.

Votez pour votre version préférée du Mandarin Merveilleux de Bela Bartok et tentez de gagner le disque France Musique de la semaine.

compte-rendu:

Sont prises ici en compte les versions du ballet intégral et non de la suite.

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Métronomique ou obsessionnel ? Le Bartok d’Antal Dorati fait débat. Certains entendent un climat guilleret, d’autres goûtent le bain acide dans lequel on est précipité. 

La sauvagerie s’installe timidement, et Claudio Abbado tend à confondre tension et précipitation, propulsant le discours au risque d’être expéditif. On aura mieux. 

Le dessin, les arêtes, le cadre y sont, la couleur se fait attendre, et avec elle l’âpreté et la cruauté. Le Mandarin merveilleux que brosse Pierre Boulez ne procure ni frayeur ni frisson, s’édulcorant même quand le drame s’envenime.

On n’a pas trouvé lever de rideau plus atroce et oppressant que celui fouetté par Esa-Pekka Salonen, peinture sordide des bas-fonds, somptueuse machine qui vous glace le sang lorsqu’elle se déploie. Après une danse lascive, la course témoigne d’un potentiel cataclysmique hors pair, mais étrangement, la scène du Mandarin pendu semblera trop voulue, comme extérieure.

La lecture d’Iván Fischer et de l’Orchestre du Festival de Budapest est celle des parfums et des bigarrures. Toutefois si l’architecture est soignée et la mise en place impeccable, avec des bois piailleurs à souhait, le danger reste absent, c’est une vision positive, jamais dangereuse ni morbide. Mais que c’est beau ! 

Place au drame. Le maelström initial happe, étourdit, l’orchestre affolé éblouit et draine sa charge de violence et de saleté, sans jamais – miracle – perdre son rebonds. Ce Mandarin merveilleux respire le sexe et la mort, nous sommes dans un Bart_ó_k acide, malsain, avec un Riccardo Chailly dont le geste toujours cursif pointe l’insoutenable horreur. 

palmarès:

N°1
Version D
Laurenscantorij Choir, Orchestre Royal du Concertgebouw, dir. Riccardo Chailly (Decca, 1997) 

La Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Riccardo Chailly
La Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Riccardo Chailly
- Decca

N°2
Version C
Chœurs de la Radio hongroise, Orchestre du Festival de Budapest, dir. Iván Fischer (Philips, 1996)

Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Ivan Fischer
Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Ivan Fischer
- Philips

N°3
Version E
Philharmonia Voices, Philharmonia Orchestra, dir. Esa-Pekka Salonen (Signum, 2011)

Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Esa-Pekka Salonen
Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Esa-Pekka Salonen
- Signum

N°4
Version A
Schola Cantorum, New York Philharmonic, dir. Pierre Boulez (Sony, 1971)

Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Pierre Boulez
Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Pierre Boulez
- Sony

N°5
Version B
Ambrosian Singers, London Symphony Orchestra, dir. Claudio Abbado (DG, 1992)

Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Claudio Abbado
Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Claudio Abbado
- DG

N°6
Version F
Chœurs et Orchestre symphonique de la BBC, dir. Antal Dorati (Mercury, 1964)

Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Antal Dorati
Le Mandarin Merveilleux de Béla Bartok, dirigé par Antal Dorati
- Mercury