Franz Schubert
Franz Schubert ©Radio France - Getty
Franz Schubert ©Radio France - Getty
Franz Schubert ©Radio France - Getty
Publicité

Fabienne Bouvet, Emmanuelle Giuliani et François Mardirossian élisent la version de référence du Quintette à deux violoncelle de Franz Schubert.

Vous souhaitez participer à l’émission ?

> Contactez l’émission

> Votez pour votre version préférée du Quintette à deux violoncelles de Franz Schubert et tentez de gagner le disque France Musique de la semaine.

Publicité

Le compte-rendu de Jérémie Rousseau

Seules ont été prises en compte les versions des 20 dernières années.

Le Quatuor Miró et Matt Haimovitz distillent le temps schubertien, ménageant suspense et rebonds. Est-ce assez ? Surtout si le premier violon joue ainsi les poseurs.

Clarté, retenue, phrasés ciselés : le Schubert que chantent Christian Tetzlaff, Florian Donderer, Rachel Roberts, Tanja Tetzlaff et Marie-Elisabeth Hecker donne aussi la sensation de rester à la surface et de n’oser émouvoir. C’est dommage, car quelle qualité instrumentale !

La beauté radieuse des Ébène rejoint par Gautier Capuçon offre un premier mouvement dans la lumière, où de subtiles dynamiques éclairent un discours nerveux. Hélas le mouvement lent se fige, le Quintette se vide de sa chair, et cela devient bien sec. On aimerait plus de générosité, plus d’émotion tout simplement.

Le Quintette en ut des Artemis respire la santé. Est-ce bon signe ? Certes le grain est somptueux, les archets remarquables de finesse, et l’entente entre les cinq musiciens vibrante. Mais les dynamiques oscillent souvent entre mezzo forte et forte. Le bouleversant Adagio avance confiant et positif mais n’est pas loin de laisser au marbre – à l’opposé du scherzo / trio, idéalement fougueux puis abattu. Bilan mitigé.

Le ton est immédiatement dramatique, dans un Allegro véhément voire révolté. Soudés, les membres du Quatuor Pavel Haas et Danjulo Ishizaka dansent sur un volcan, se faufilant dans un jeu d’ombres et de lumières sur le ton d’une conversation à fleur de peau. Le mouvement lent, tendu tel un arc, sans la moindre rupture, est immuable, d’une magie cosmique, tandis que le scherzo sera le plus orchestral de tous. Passionnant.

Derrière l’élégance, l’évidence. L’intensité, la cohérence, l’écoute mutuelle surtout : le Quatuor Pražák, rejoint par le violoncelle boisé de Marc Coppey, imprime un relief et une profondeur qui nous guident au cœur du message schubertien. Leur jeu très vibré, où se glissent murmures et silences habités, atteint une dimension métaphysique dans le second mouvement, comme un voyage d’hiver instrumental, au bord du gouffre, fragile, désolé, et donc terriblement humain. Quant au troisième mouvement, ils en explorent les ambivalences, complètement habités.

Palmarès

N°1 : Version F
Quatuor Pražák, Marc Coppey (HM, 2002)

N°2 : Version B
Quatuor Pavel Haas, Danjulo Ishizaka (Supraphon, 2013)

N°3 : Version A
Quatuor Artemis, Truls Mørk (Erato, 2007)

N°4 : Version C
Quatuor Ebène, Gautier Capuçon (Erato, 2015)

N°5 : Version E
Christian Tetzlaff, Florian Donderer, Rachel Roberts, Tanja Tetzlaff, Marie-Elisabeth Hecker (Alpha, 2020)

N°6 : Version D
Quatuor Miró, Matt Haimovitz (Pentatone, 2003)

À réécouter : Souriez, c'est Schubert !
3 min

La Tribune des critiques de disques à l’Opéra de Nice ! | Maison de la Radio et de la Musique