Tristan und Isolde, 1896, Aubrey Beardsley ©Getty - Shirley Markham Collection/Heritage Images
Tristan und Isolde, 1896, Aubrey Beardsley ©Getty - Shirley Markham Collection/Heritage Images
Tristan und Isolde, 1896, Aubrey Beardsley ©Getty - Shirley Markham Collection/Heritage Images
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Résumé

En ouverture du festival de Bayreuth cette année, le mythe médiéval littéraire de Tristan et Iseult revisité par Richard Wagner avec l’Orchestre du festival de Bayreuth dirigé par Markus Poschner.

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Richard Wagner

Tristan und Isolde

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Opéra en trois actes créé le 10 juin 1865 au théâtre royal de la Cour de Bavière à Munich sous la direction de Hans von Bülow.

Concert offert dans le cadre des échanges Euroradio avec l'Union Européenne de Radio et Télévision, enregistré le 25 juillet 2022 à 16 heures.

Nouvelle production du Festival de Bayreuth.

Distribution de Tristan et Isolde au festival de Bayreuth :

Direction musicale : Markus Poschner

Mise en scène : Roland Schwab

Tristan (ténor) : Stephen Gould
Roi Marc (basse) : Georges Zeppenfeld
Isolde (soprano) : Catherine Foster
Kurwenal (baryton) : Markus Eiche
Mélot (ténor) : Olaf Sigurdarson
Brangaene (mezzo-soprano) : Ekaterina Goubanova
Un berger (ténor) : Jorge Rodríguez-Norton
Un timonier (baryton) : Raimund Nolte
Jeune marin (ténor) : Siyabonga Maqungo

Choeur et orchestre du Festival de Bayreuth

Direction de Chœur : Eberhard Friedrich
Scénographie : Piero Vinciguerra
Costumes : Gabrielle Rupprecht
Dramaturgie : Christian Schröder
Lumières : Nicol Hungsberg

Premier entracte :

  • Entretien de Benjamin François avec Markus Poschner, chef d'orchestre.

Richard Wagner
La mort d'Isolde, Tristan und Isolde (WWV 90 arrangement pour piano)
Severin von Eckardstein (piano)
MDG 2013 "Richard Wagner, arrangements pour piano"

Deuxième entracte :

  • Entretien de Benjamin François avec Cornelius Meister, chef d'orchestre

Richard Wagner
Prélude à Tristan et Isolde
Christoph Kuhlmann (orgue Mutin-Cavaillé-Coll d'Usurbil (Espagne, Pays basque)
AOLUS 2007 "Une soirée musicale chez Albert baron de l'Espée"

Argument de Tristan et Isolde de Richard Wagner :

Par Alain Duault

Acte I : Sur le pont du navire qui conduit vers la Cornouailles Isolde, princesse d'Irlande, est dressée une tente à part de l'équipage. Isolde y repose, allongée immobile parmi des coussins précieux. Sa suivante, Brangaene, se tient près d'elle ; soulevant un pan de la tente, elle regarde longuement la mer. Soudain on entend, tombant du silence, la chanson d'un marin évoquant une "fille d'Irlande, amoureuse et farouche". Isolde, comme frappée par les paroles de la chanson, explose en imprécations violentes malgré les tendres supplications de Brangaene. Puis elle fait écarter les tentures et on aperçoit, debout au gouvernail, Tristan. La princesse envoie Brangaene le chercher. Mais celui-ci, courtoisement mais fermement, refuse d'aller voir Isolde. Et comme Brangaene réitère le désir de sa maîtresse, Kurwenal, le vieil écuyer de Tristan,, se lève et entonne face à Brangaene une chanson provocante qui parle du combat de Tristan contre Morold, le fiancé d'Isolde. Pendant que tout l'équipage reprend le refrain, Brangaene, épouvantée, court se réfugier dans la tente auprès de sa maîtresse.

Celle-ci lui raconte alors son douloureux destin. Un jour, peu après que son fiancé Morold eût péri, elle a donné asile à un guerrier qui affirmait se nommer Tantris et, par sa connaissance des filtres et des baumes, elle est parvenue à le sauver de la blessure incurable qui lui avait été infligée. Mais elle a alors remarqué une entaille à l'épée de l'inconnu, une entaille où s'adaptait exactement l'éclat de fer trouvé dans la tête de Morold ! Déjà saisissant l'épée du meurtrier de son fiancé elle s'approchait du lit quand le regard de celui-ci se posa sur elle. Le glaive glissa des mains. Mais après qu'elle l'eût guéri, c'est ce même homme qui, au nom du Roi Marc son oncle, est venu la chercher pour l'emmener à ce Roi à qui elle a été fiancée, en gage du traité de réconciliation entre les Cornouailles et l'Irlande.

Isolde maudit alors Tristan et sa trahison, déchirée de détresse et d'amour d'être près de Tristan sans être aimée de Tristan. Brangaene, pour apaiser sa maîtresse, propose de faire absorber au chevalier le philtre d'amour. Mais Isolde commande le philtre de mort. A cet instant, annoncé par Kurwewnal, Tristan pénètre dans la tente : le navire va toucher la côte de Cornouailles et il doit lui-même la conduire au Roi Marc. Face à face ils sont superbement tendus et désespérément séparés. Isolde tend alors à Tristan la coupe de la réconciliation dans laquelle Brangaene a dû verser le breuvage de mort. Mais elle la lui arrache à moitié et la vide jusqu'à la dernière goutte. La coupe roule à terre et tous deux se regardent, éperdus, en extase : Brangaene a substitué le philtre d'amour au philtre de mort. Et c'est pâmés de tendresse qu'ils s'étreignent alors que l'équipage salue le débarquement en Cornouailles.

Acte II : Il fait nuit devant le palais de Marc. La forêt proche est épaisse et sombre. Le Roi est parti à la chasse avec sa suite. Isolde, impatiente de retrouver Tristan, ne prête garde aux avertissements de Brangaene qui suspecte une manœuvre perfide du courtisan Mélot. Mais Isolde ne veut pas entendre; elle demande à Brangaene d'éteindre la torche, donnant à Tristan le signal qu'il peut la rejoindre. N'y tenant plus, elle arrache elle-même la torche et l'écrase au sol. Paraît alors Tristan ; les amants s'étreignent avec une passion extasiée. Puis ils chantent la beauté et la paix de la nuit, symbole de leur amour, exaltation prodigieuse à laquelle ils s'identifient peu à peu, fondus dans une transcendance où ils s'unifieraient : la mort seule peut, semble-t-il, prendre cette figure d'extase suprême, emblème d'une éternelle et indissoluble union. Comme transfigurés par leur propre extase, ils n'entendent pas les avertissements de Brangaene qui veille au-dessus d'eux. Le monde réel disparait pour eux : ils sont comme aspirés dans un sublime et délirant ravissement. Mais brutalement Mélot fait irruption devant eux, guidant le vieux Roi Marc. Tout se brise. Tristan jette sa cape sur Isolde comme pour la protéger de l'affront des regards. Toute la suite est à présent là. Le vieux Roi, profondément affligé, n'exprime aucune colère mais se laisse aller dans une grande tristesse à l'expression douloureuse de son incompréhension : "Pourquoi m'avoir trahi Tristan ? Pourquoi m'avoir brisé le cœur ?". Tristan annonce alors qu'il va partir. Se tournant vers Isolde, il lui demande si elle est prête à le suivre jusqu'au pays où le soleil ne luit point. A son acquiescement, Mélot n'en peut plus : il se précipite, l'épée à la main, vers Tristan. Celui-ci brandit son arme ; les deux glaives se croisent, mais Tristan abaisse alors sa garde, offrant sa poitrine à Mélot qui le blesse grièvement, et le tuerait si Marc ne l'en empêchait pas. Isolde s'effondre sur le corps de son amant blessé. L'aube franchit l'horizon : la Nuit cède la place au Jour.

Acte III : Kurwenal a ramené Tristan jusqu'en son château de Karéol. Le malheureux chevalier se languit et s'épuise doucement. Seule Isolde pourrait sauver le mourant. Kurwenal, qui l'a fait prévenir, attend le bateau de la princesse, et il a placé en sentinelle un berger qui devra annoncer d'un air joyeux de son chalumeau l'apparition de la voile à l'horizon. Pendant ce temps, Tristan, emporté par la fièvre délire. Lamentations d'agonie mêlées aux hallucinations du désir et de la mort. Eperdu de solitude et de détresse, il maudit jusqu'au philtre d'amour. Mais l'amour l'emporte encore une fois sur le désespoir et Tristan implore Kurwenal pour qu'il voie le navire d'Isolde : il faut qu'il le voie ! Et soudain, clairvoyance de la tendresse, le chalumeau joyeux du pâtre annonce l'arrivée tant espérée. Kurwenal court à la rencontre d'Isolde. Et Tristan, à l'extrême de ses forces, la mort déjà montant en lui, mais en même temps éperdu de bonheur, arrache le bandage de sa blessure et exulte d'amour.

Isolde paraît, haletante, éperdue. Tristan veut s'avancer vers elle mais déjà il chancelle, mais déjà il s'effondre. Se précipitant elle ne peut le soutenir, mais elle peut recueillir son ultime souffle, coloré du nom chéri : "Isolde". Elle ne peut le croire, elle ne peut le comprendre, elle lui parle, elle l'appelle et s'affaisse, évanouie, sur le cadavre de l'aimé.

Un second vaisseau aborde alors qui amène le Roi Marc, lequel a appris par Brangaene le secret du philtre d'amour. Et celui-ci accompagné par Mélot, Brangaene et sa suite, vient pour pardonner. Mais tout est trop tard. Kurwenal apercevant Mélot se jette sur lui et le tue, avant d'être à son tour mortellement blessé. Une silencieuse douleur entoure à présent le cadavre de Tristan sur lequel Isolde est tombée sans connaissance. Marc gémit sur la cruauté du destin tandis que Brangaene appelle tendrement sa maîtresse. Et la voici justement qui peu à peu s'éveille et se soulève et, comme hallucinée, comme portée au-delà d'elle-même et du monde, entonne l'ultime chant qui l'emporte dans cet ailleurs innommé où elle pourra rejoindre Tristan. Et, alors que le temps semble aboli dans une irréalité sans repère, Isolde glisse lentement sur le corps de Tristan, morte d'extase, morte d'amour et de fidélité.

©Avant-Scène Opéra

1h 57
Références

Programmation musicale

  • 21h35
    Tristan et Isolde WWV 90 : Isoldens Tod - arrangement pour piano
    Tristan et Isolde WWV 90 : Isoldens Tod - arrangement pour piano
    RICHARD WAGNER (Compositeur)
    Tristan et Isolde WWV 90 : Isoldens Tod - arrangement pour piano

    , SEVERIN VON ECKARDSTEIN

    Album Richard Wagner : Arrangements pour piano (2013)
    Label MDG (MDG90418056)
  • 23h16
    Tristan et Isolde : Prelude (Acte I)
    Tristan et Isolde : Prelude (Acte I)
    RICHARD WAGNER (Compositeur)
    Tristan et Isolde : Prelude (Acte I)

    , CHRISTOPH KUHLMANN

    Album Richard wagner : Une soiree musicale chez Albert baron de l'espee (2007)
    Label ALUS

L'équipe

Benjamin François
Benjamin François
Léa Martinez
Collaboration
Jean-Claude Mullet
Réalisation