Les Ondes Martenot : fantômes de rêve de la chanson

Jacques Brel sur la scène du théâtre Bobino en 1961
Jacques Brel sur la scène du théâtre Bobino en 1961 - Christian HIROU/Gamma-Rapho via Getty Images
Jacques Brel sur la scène du théâtre Bobino en 1961 - Christian HIROU/Gamma-Rapho via Getty Images
Jacques Brel sur la scène du théâtre Bobino en 1961 - Christian HIROU/Gamma-Rapho via Getty Images
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Olivier Messiaen, Edith Piaf, Léo Ferré, Jacques Brel, Jonny Greenwood ont en commun de faire appel aux Ondes Martenot pour donner à leurs chansons un caractère étrange et fantastique.

C’est une scène prodigieuse qui se déroule sur les bords de la Seine. Nous sommes en 1937 à Paris. L’Exposition Universelle bat son plein depuis le mois de mai et à cette occasion, l’Etat a commandé au compositeur français Olivier Messiaen une composition censée accompagner un grand feu d’artifice qui a lieu entre le Trocadéro et la Tour Eiffel. Tandis que les flammes embrasent la nuit et se reflètent sur l’eau et que de longs jets d’eau sont projetés dans les airs, des haut-parleurs diffusent une musique, étrange, inouïe et qui nous donne l’impression, selon Messiaen : « d’une eau telle un symbole de grâce et d’éternité »…

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Cette litanie n’est pas celle de baleines, de sirènes ou de nymphes mais proviennent de six Ondes Martenots, des instruments électroniques inventées neuf ans plus tôt par un certain Maurice Martenot. Un instrument que Messiaen affectionnait particulièrement. Outre cette fête des belles eaux, on pense à son incontournable Turangalila Symphonie, une oeuvre sacrée dans laquelle l’Onde Martenot rivalise à elle seule avec un immense orchestre symphonique. Une oeuvre et des Ondes Martenot qui fascinent Jonny Greenwood, membre du groupe Radiohead, au point qu’il se change justement en ondiste sur certaines chansons de l’album Kid A et notamment dans le titre The National Anthem. Mais Jonny Greenwood est loin d’être le seul musicien non classique à être ensorcelé par le timbre fantomatique des Ondes Martenot.

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MAXXI Classique
4 min

Les glissandis et le timbre électronique des Ondes Martenots hantent Edith Piaf dans sa très justement nommée chanson Je t’ai dans la peau. Ce sont également elles qui donnent à la relecture des Fleurs du Mal de Baudelaire signée Léo Ferré une grande part de sa substance nocturne, surréaliste et étrange. Une présence surréaliste, lugubre et magique qui hante également l’une des plus belles chansons de tous les temps.

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Les Ondes Martenot sont ce fantôme, cette image, cette idée fixe que Brel n’arrive pas et ne souhaite pas chasser. Ce sont-elles qui prennent la parole au début de ce Ne Me Quitte pas enregistré en 1959 et par elles que cette prière s’achève, par ces Ondes Martenots, ces inflexions des voix chères qui se sont tues.

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